Réponse au communiqué de la famille et des amis de Tony Carboni

Ce communiqué, tout le monde peut le comprendre, est clairement un communiqué de menaces de mort visant le Collectif et certainement toutes les personnes attachées à Massimu Susini.
Nous en prenons acte.
Nous nous devons toutefois de rectifier les propos mensongers mais aussi reposer des questions auxquelles personne, chez les détenteurs de l’autorité publique, ne répond depuis onze mois.
Le collectif n’a calomnié personne, il a immédiatement indiqué l’origine de l’assassinat de Massimu et si certains se sont sentis calomniés, ils ont eu 11 mois pour le dire.
Rien de mensonger n’a été affirmé. Si c’était le cas, ce communiqué en aurait apporté la preuve.
L’affirmation qu’une bande de crapules sévissait à Cargèse, que cette bande de crapules avait des liens avec des mafieux de la région ajaccienne est un fait avéré y compris par les enquêteurs dans leurs propos privés.
Aucun innocent n’a été désigné et aucun nom n’a été donné. Nous demandons que la police fasse son travail et que la justice mette hors d’état de nuire ces malfaisants.
Les évènements de ces dernières semaines confirment en tout point ce que nous disons. Le visage imprimé de Massimu Susini a été criblé de balles. L’établissement « 1768 » a fait l’objet d’une tentative d’incendie (4 cocktails molotov) comme si après avoir pris sa vie on voulait aussi effacer sa mémoire. Un quelconque innocent a-t-il été désigné ? jamais.
Massimu Susini était également orphelin de mère depuis l’âge de 7 ans. Il avait les qualités d’un homme corse comme on les aime. Et le choc qu’a provoqué, en Corse, son assassinat se passe de commentaires.
Nous ne sommes pas responsables de la mort de Tony Carboni. Toutes les morts violentes sont des tragédies, pour les familles et pour la Corse. La responsabilité des pouvoirs publics dans leur multiplication et dans leur impunité ne fait aucun doute.
Nous pensions que, pour la Corse, comme pour nous, « qu’une étape malheureusement irréversible a été franchie » avec le lâche assassinat d’un travailleur et d’un patriote un matin du 12 septembre 2019. Il semble, suivant ce communiqué, que ce n’était qu’un fait divers, bien moins grave que les prétendues calomnies.
Inlassablement nous avons demandé, demandons, et demanderons encore, que la police fasse son travail et que la justice mette hors d’état de nuire ces malfaisants.
Ce n’est assurément pas ce que propose votre communiqué, ni dans le ton, ni dans les mots.
La persistance de la mémoire et de la voix de Massimu Susini, dans l’espace public, non seulement par notre travail, mais aussi par les milliers de soutiens sur les réseaux, dans les villages et les villes de Corse montrent que cette exigence de justice est très largement partagée sur cette île qui sombre peu à peu dans la barbarie, d’abord par la faute des assassins, ensuite par la faute de l’inertie des autorités chargées de la protection des citoyens. Inlassablement nous avons appelé au secours l’Etat et les élus, inlassablement nous les avons mis devant leurs responsabilités. Des « calomnies » encore ?
Ces témoignages de fraternité, de vie et de résistance incommodent fortement les assassins et leurs complices.
Et lorsque nous avons dénoncé les assassins de Massimu, curieusement personne ne nous a accusés de calomnies, on nous demandait simplement si on n avait pas peur. Tout est là.
Nous apprenons par ce communiqué que « des démarches d’apaisement » auraient été faites.
De quelles natures sont-elles ? Quand ont-elles été faites ? Par qui ?
Le Collectif Antimafia Massimu Susini n’a jamais été destinataire de ces démarches. N’en a jamais eu connaissance.
Par contre il a bien reçu, officiellement, vos menaces de mort et s’estime en droit de se défendre si la vie de ses membres se voyait menacée.

TENTATIVE D’INCENDIE A LA PAILLOTTE 1768

La tentative d’incendie crapuleuse de la paillotte 1768 est la suite logique du projet mafieux de la
bande criminelle qui a assassiné Massimu SUSINI.
Déjà, de son vivant ce projet avait été tenté.
Il y a quelques jours, un panneau où figurait le visage de Massimu a été pris pour cible avec une
arme à feu.
Les messages se suivent et deviennent de plus en plus violents et menaçants.
Ce n’est pas étonnant puisque les débuts de l’enquête sur l’assassinat de Massimu SUSINI ont été,
de manière surprenante, assez cahotiques. La suite n’est pas meilleure dans la mesure où un an
après son assassinat, aucun élément n’a été relevé, à notre connaissance, sur ses assassins.
L’action du Collectif, ses déclarations, ont mis en relief le caractère mafieux de ce crime. L’idée
qu’une mafia multiforme était en train de s’étendre à la Corse entière est désormais admise par
l’ensemble de la société corse et même au-delà.
Cependant, c’est bien souvent les citoyens à qui on demande des comptes.
Or les citoyens sont sans moyens car comme le dit le nouveau ministre de l’intérieur « c’est la
police et la gendarmerie qui détiennent le pouvoir de la violence légitime ».
Celle-ci est peu efficace face à une violence qui s’exerce dans l’impunité la plus totale.
Nous disons que le premier responsable de cet état de fait c’est l’Etat du fait même de ses pouvoirs
et de son manque de résultats.
D’un autre côté, si quelques élus ont réagi et commencé à prendre conscience de la grande menace
qui nous guette tous (et pas simplement la famille de Massimu SUSINI), ils ne sont pas
suffisamment nombreux et surtout tardent à réagir fortement et publiquement.
Par ailleurs, le changement de système, seul à même de couper les racines du mal, ne s’est
pas opéré et même dans des domaines comme la spéculation immobilière et foncière, le trafic
des déchets, à laquelle une réponse immédiate pouvait être apportée, aucun changement n’est
intervenu.
Le Collectif Massimu SUSINI a tout à fait conscience que le danger se rapproche pour chacun
d’entre nous. Pourtant notre voix ne s’éteindra pas avec nous.
Cullittivu Antimafia Massimu SUSINI