Corse Net Infos – “Défendre la Corse de la mafia du béton et de la spéculation”. Le collectif Massimu Susini encourage le travail di l’Assemblea di a Giuventù

Dans un communiqué de presse le collectif anti mafia Massimu Susini félicite les jeunes di l’Assemblea di a Giuventù pour lui travail de défense et de protection de l’environnement.
“Il est courageux de la part du groupe « Custruimu l’avvene » de demander à la Collectivité de Corse qu’elle défère de manière systématique les permis de construire qui ne respecteraient pas le PADDUC.”

Le communiqué

Le CULLITTIVU ANTI MAFFIA MASSIMU SUSINI se félicite des propositions constructives émises lors de « l’Assemblea di a Giuventù » pour la défense et la protection de notre environnement.
En Corse, lutter pour notre environnement, notre patrimoine commun, c’est lutter pour les terres agricoles, pour l’autosuffisance alimentaire. Donc pour la liberté.
C’est aussi affronter la mafia du béton et de la spéculation.
Il est courageux de la part du groupe « Custruimu l’avvene » de demander à la Collectivité de Corse (CdC) « qu’elle défère de manière systématique les permis de construire qui ne respecteraient pas le PADDUC ».
Cela rejoint en tous points une des principales propositions du CULLITTIVU MASSIMU SUSINI pour freiner les appétits de la mafia dans l’immobilier.
Nous avons toujours eu foi dans notre peuple et la maturité exprimée par les jeunes gens qui proposent ces motions nous confirment dans ce sentiment.
D’autant plus qu’ils ont fait part de leurs légitimes inquiétudes, que nous partageons, s’agissant des montages financiers douteux pour la future compagnie maritime régionale, toujours espérée , mais qui risque fort de ne profiter qu’à une oligarchie insulaire qui contrôle, entre autres, les transports maritime et routiers.
Cette prise de conscience de la nécessité de défendre , en acte, notre terre, son environnement, et cette réflexion critique et lucide sur l’usage de l’argent public par la CdC, mais aussi sur les orientations stratégiques qu’elle a a décider pour notre pays, va incontestablement dans le sens de la défense de l’intérêt commun et donc de notre avenir à tous. Elle a le grand mérite de répondre aux grandes inquiétudes qui s’expriment partout en Corse. Notre Collectif veut également saluer le RAPPORT n° 045 : Modernisation des pratiques institutionnelles de l’Assemblée du Président de l’Assemblée de Corse, soumis au vote lors de la session ordinaire des 13 et 14 février prochains portant, notamment, sur la refonte du comité d’évaluation des politiques publiques et les propositions faites pour l’améliorer.
C’est là aussi une de nos principales demandes à la CdC, maintes fois réaffirmée, pour lutter contre l’infiltration mafieuse dans l’économie insulaire.
Oui, les Corses attendent de la « maison de cristal » la mise en place d’un comité d’évaluation indépendant qui, en toute transparence, pourra vérifier que les marchés publics qui dépendent de la CdC ne vont pas dans les poches des entreprises de la mafia ou dépendantes d’elle, y compris si elles sont légales.
Bien entendu, sur ce problème extrêmement sensible pour la santé de notre société, notre Collectif ne se contentera certainement pas d’effets d’annonce.
Nous souhaitons une traduction rapide dans les faits car il y a urgence.
Cette première mesure va dans le bon sens. Il faut qu’elle soit suivie d’autres, toutes aussi stratégiques pour nous défaire de l’emprise mafieuse.
Si nous restons très attentifs sur la suite, nous sommes également disponibles pour aider les institutions et les élus, à prendre toute mesure allant dans le sens qui contrecarre les intérêts des mafieux et de leurs complices.

Source : https://www.corsenetinfos.corsica/Defendre-la-Corse-de-la-mafia-du-beton-et-de-la-speculation-Le-collectif-Massimu-Susini-encourage-le-travail-di-l_a47535.html

Corse Matin – Le collectif Massimu Susini appelle Collectivité de Corse et État à agir

Lors d’une conférence de presse, les membres du collectif ont dressé un bilan de leurs rencontres avec la préfète et les élus de l’Assemblée de Corse. Un constat : les outils de lutte contre la mafia sont là mais “personne ne veut s’en servir”

Le collectif anti-mafia Massimu Susini est finalement allé bien au-delà du bilan des actions qu’il était venu présenter, hier matin, dans l’une des salles de conférence de l’hôtel Best Western d’Ajaccio.

Ce “point” évoqué par l’une de ses figures, Ghjuvan’ Santu Plasenzoti, fut surtout l’occasion d’un constat amer, sans concession, à la suite de deux entretiens récents. L’un avec la préfète, l’autre dans le cadre de la conférence des présidents de la Collectivité de Corse où il fut question de débattre de la violence criminelle. Par cette conférence de presse, le collectif a souhaité affirmer que “les autorités politiques et étatiques ne sont pas sur le front, c’est nous qui y sommes”.

Sans doute parce que l’on est jamais autant déçu que par les siens, c’est d’abord aux élus de la CdC que sont allés les premiers reproches. “Le président Gilles Simeoni l’a affirmé, l’île se trouve dans une spirale infernale et est menacée à travers deux phénomènes : la spéculation immobilière et les marchés publics. Mais dans ces deux domaines, nos élus locaux ont toutes les compétences pour agir !”, insiste Jérôme Mondoloni.

Et que font-ils, selon lui ? “Rien, tout juste ont-ils réglé un problème concernant 600 m² d’une zone humide à Misincu, rien d’autre. Alors que la carte des territoires où l’emprise mafieuse est la plus forte et celle de la spéculation immobilière se superposent parfaitement. La CdC peut agir en justice mais elle ne le fait pas.”

Le défenseur de l’environnement évoque le dossier des espaces stratégiques agricoles (ESA). “Leur cartographie a été annulée en mars 2018. En six mois, la CdC avait la possibilité d’en voter une nouvelle, mais elle a décidé de “se donner le temps”. Cela a duré deux ans et déjà 1 500 hectares ont été artificialisés. La CdC a ouvert grand les vannes.”

Et Jérôme Mondoloni de rappeler que l’écrasante majorité des PLU annulés l’a été grâce au concours des associations de l’environnement. “La CdC avait voté en faveur du PLU de Prupià, par exemple, heureusement annulé grâce à U Levante.”

“Sentiment d’impuissance de la 6e puissance mondiale”

Cette mafia, toujours selon les porte-parole du collectif Massimu Susini, c’est également celle qui “prospère sur la concentration d’activités.

“Aujourd’hui, il n’est pas normal que quinze sociétés détiennent 95 % des ressources économiques de l’île.”

Jérôme Mondoloni affirme que le collectif “ne demande pas la révision de la Constitution mais seulement l’action à travers les moyens légaux dont dispose la CdC” et dont cette dernière ne se servirait pas pour “arrêter de faire des PLU aussi magouilleurs, cela ferait réfléchir mais, pour l’instant, rien.” “C’est pourtant de cette manière que la CdC montrerait à l’État sa véritable autonomie, en ne laissant pas faire n’importe quoi chez elle”, insiste-t-il.

De l’entretien avec la préfète transpire surtout un “très inquiétant sentiment d’impuissance de la part de la sixième puissance mondiale”, affirme le collectif. Impuissance à “faire appliquer le Padduc, alors que les maires, dès 2015, avaient trois ans pour mettre leurs PLU en conformité, mais rien ou presque n’a été fait. Entre-temps, l’État a continué d’octroyer des permis de construire, comme à Bonifacio”. Le collectif estime qu’il y aurait eu “3 000 permis de construire en trop, essentiellement concernant des résidences secondaires”.

Quelle fut la réponse de la CdC ? “On nous a parlé d’une charte éthique de l’élu”, affirme Pierre-Laurent Santelli, qui met en doute cette proposition par un exemple concret, celui d’un élu “cumulard” de la CdC dont il énumère les fonctions, sans le citer : “Maire, vice-président d’une communauté de communes, conseiller territorial, vice-président de la commission des finances, siégeant au conseil d’administration de quatre offices et agence (transport, environnement, foncier, urbanisme) ainsi qu’aux conseils d’administration et de surveillance des Chemins de fer et d’Air Corsica. Et on vient nous expliquer, toute honte bue, qu’un homme peut gérer ça tout seul.”

“Nous sommes des victimes”

Toujours selon les membres du collectif Massimu Susini, “un silence assourdissant s’est abattu à la conférence des présidents de la CdC lorsqu’il a été question des ESA, comme un constat accablant, un orage qu’on laisse passer. Si les nationalistes pensent que cela relève de la compétence de l’État, c’est à désespérer. La seule question qui nous a été posée fut celle-ci : “Pourquoi avoir créé deux collectifs ?”. Nous avons répondu par une question tout aussi stupide : “Pourquoi y a-t-il quatre tendances nationalistes ?”.

Toujours avec ce souci de s’attaquer à la spéculation immobilière, fer de lance de “l’emprise mafieuse”, le collectif a proposé, entre autres, “un véritable contrôle des institutions avec un site dédié à la visualisation des permis de construire, la refonte et la redéfinition des agences et offices de la CdC, qui sont des outils essentiellement bureaucratiques”.

Ghjuvan’Santu Plasenzoti a insisté : “Nous ne sommes pas dans la dénonciation systématique. Nous sommes des victimes, ce peuple, ce pays, sont des victimes.”

Si le collectif ne souhaite pas entrer dans un débat sémantique autour du terme de mafia qu’il martèle, force est de constater que le mot est récusé par la préfète et employé “exclusivement de manière individuelle par les élus.

“Lorsque l’on refuse de nommer les choses, c’est que l’on ne veut pas être pris en faute. La préfète nous a avoué qu’elle avait des doutes sur certains marchés publics mais qu’elle ne pouvait rien faire.” L’occasion pour Ghjuvan’Santu Plasenzoti d’être sarcastique : “Gilles Simeoni a affirmé qu’il faudra 25 ans pour délivrer la Corse des réseaux mafieux. Cela nous paraît long pour quelque chose qui n’existe pas.”

“Il est naturel pour un citoyen de se défendre”

Face à l’impuissance et aux moyens inadaptés, le collectif craint “une catastrophe” qui pourrait faire déraper une situation jugée déjà critique. “A maffia faci i cosi sicreti ma pò tumbà à qualchissia in pubblicu, rappelle Rinatu Coti, président du collectif. Hè una perversioni di a cultura è, par avà, ùn ci hè micca rimediu. Ma ùn vulemu micca essa una preda allora chì ne u Statu, ne l’autorità eletta di Corsica anu circatu à aneantì ‘ssu sistema.”

“Il est naturel pour un citoyen de se défendre s’il se sent menacé, confie Ghjuvan’Santu Plasenzoti. Nous n’en sommes pas encore là, mais il faut être pleinement conscient de la situation si rien n’est fait par les services de sécurité de l’État et par les élus locaux.”

Source : https://www.corsematin.com/articles/le-collectif-massimu-susini-appelle-collectivite-de-corse-et-etat-a-agir-99306

Corse Net Infos – Collectif Massimu Susini : “Il faut entrer en résistance, c’est une question de vie ou de mort !”

Le collectif anti mafia Massimu Susini est revenu, ce samedi à Ajaccio, sur ses attentes de lutte contre « la crise mafieuse » dans l’île. Des demandes clairement exprimées auprès de l’État mais aussi à destination de la Collectivité de Corse et de ses élus.

Le collectif anti mafia Massimu Susini a donné une conférence de presse afin de rendre compte des avancées du mouvement et de rappeler ses attentes après avoir rencontré la préfète de région et les élus de l’Assemblée de Corse à la conférence des Présidents.
Échanges annoncés fructueux avec la représentante de l’Etat, laquelle sans utiliser le mot mafia, a validé l’analyse réalisée par le collectif sur la pénétration criminelle du tissu économique corse. 
«  Nous ne nous battons pas pour de la sémantique, a déclaré Gjhuvan Santu Plasenzotti, porte-parole. Nous ne sommes pas là pour imposer le terme de mafia mais pour dénoncer un danger qui intègre nos secteurs sociaux, économiques et politiques. Il y a une véritable crise mafieuse en Corse, c’est une réalité. Ce qui était un rassemblement est devenu aujourd’hui un mouvement citoyen et nous appelons l’ensemble de la société civile à se mobiliser ainsi que l’État et la Région à lutter contre ce fléau. Car, il nous faut faire preuve de résistance, de vigilance et, disons-le, clairement c’est une question de vie ou de mort. Il y a de trop nombreuses victimes ainsi qu’une perversion de notre culture. Il faut que cela cesse ».

De manière concrète, le collectif est en attente de la mise en œuvre par l’État  de diverses mesures : faire de la lutte anti-mafia une priorité avec notamment la création d’un organe de coordination qui associe enquêteurs criminels et services d’enquêtes fiscales. Le collectif demande également la reconnaissance du délit d’association mafieuse, la confiscation des biens mafieux et de leurs complices ainsi qu’un véritable statut de coopérateur de justice.
D’autres part, le collectif réclame de la CdC des actions en justice en cas de violation du PADDUC en déplorant que la Collectivité s’y est engagée tardivement et n’a pas tenu ses promesses. 


Toujours la Région en ligne de mire, le document des revendications pointe du doigt « le pillage des Espaces Stratégiques Agricoles) après l’annulation de la carte par le tribunal administratif. « Là ce n’est pas l’État qui est seul responsable de cette destruction des terres agricoles mais bien aussi la CdC qui, par son inaction coupable, porte la responsabilité d’avoir laissé pourrir la situation ». Il en est de même pour la lutte contre la spéculation immobilière. « Défendre la terre corse en CTPENAF et devant les tribunaux, en utilisant les moyens légaux dont elle dispose est le minimum qu’on puisse attendre de la CdC, responsable de la mise en œuvre du PADDUC. Et la CdC ne peut pas dire, sauf à faire preuve d’une singulière mauvaise foi, qu’elle ne peut faire ce que des associations comme ABCDE ou U Levante, avec très peu de moyens, font depuis des années contre les mafieux du béton ». 

Le collectif souhaite aussi que soit renforcés les moyens humains de l’Agence de l’Urbanisme, une mise en place par la Région d’un contrôle des marchés publics et délégations de services publics qui dépendent d’elle. Enfin, le rassemblement anti mafia dénonce les inégalités croissantes. « La concentration accélérée du pouvoir économique et financier aux mains de quelques familles face à la paupérisation d’une part importante de notre peuple ne peut que déboucher sur une société conflictuelle tant il est évident que certains Corses sont beaucoup plus égaux que d’autres devant la loi. La spéculation immobilière qui profite à la mafia du béton prouve aux corses que si on est riche et puissant on peut tout se permettre. Le développement des centres commerciaux surdimensionnés, ruinant les commerces de centre-ville, symbolise le triomphe de l’argent roi et opaque. L’exemple donné à la jeunesse corse est lamentable. L’État est défaillant, volontairement, dans son contrôle de légalité ? Oui ! Mais ce n’est pas une excuse pour la CdC pour ne pas réagir et se rendre complice, de fait de la destruction de notre bien commun, de notre communauté historique ».

L’interview de Ghjuvan-Santu Plasenzotti (Corse Net Infos)

Source : https://www.corsenetinfos.corsica/Collectif-Massimu-Susini-Il-faut-entrer-en-resistance-c-est-une-question-de-vie-ou-de-mort-_a47286.html

Courrier International – Les Corses lassés du crime organisé

Le meurtre de Maxime Susini, jeune militant nationaliste et écologiste, au mois de septembre, a soulevé une vague de protestation exceptionnelle en Corse, relève The New York Times. Sur l’île de Beauté, ils sont de plus en plus nombreux à dénoncer le crime organisé qui y règne. Nos services

Calmement, le père du défunt raconte l’assassinat de son fils : le meurtrier, équipé d’un fusil à lunette de visée, était caché dans les broussailles, là-bas. Son fils a ouvert les portes de la cuisine de sa paillote, ici, et c’est là que la balle l’a touché ; Maxime Susini, dit “Massimu”, s’est effondré dix mètres plus loin, sur la plage [de Cargèse, en Corse], après une ultime tentative de fuite.

Un meurtre parmi tant d’autres sur les rivages scintillants de l’île de Beauté, qui en France bat tous les records d’homicides : dans les villages coupés du monde par les hautes montagnes, on règle depuis longtemps ses comptes à coups d’armes à feu, mais ces affaires sont rarement élucidées.

François Susini, le père du jeune homme, savait que cela finirait comme ça. Ce matin-là, il a même entendu les coups de feu. Comme si souvent par le passé, la voiture des meurtriers présumés a ensuite été retrouvée calcinée à quelques kilomètres, sur une route côtière.

La conspiration du silence

Le meurtre de Maxime Susini ne ressemblait pourtant pas tout à fait aux nombreux assassinats qui l’ont précédé. La mort de ce militant nationaliste et écologiste de 36 ans, champion de foot, de boxe, et restaurateur très apprécié, a soulevé une vague de protestation exceptionnelle en Corse. Deux collectifs citoyens ont vu le jour pour dénoncer les forces du crime organisé soupçonnées d’en être les commanditaires – une entité nébuleuse tenue pour responsable de pratiquement tout, du trafic de drogue jusqu’à la spéculation immobilière et le racket des restaurateurs.

Dans une région dont l’économie dépend en grande partie des touristes séduits par l’âpre beauté des côtes, tous ceux qui, à l’instar de Massimu Susini, osent s’élever publiquement contre le bétonnage des côtes, les constructions sauvages ou le trafic de drogue local s’exposent aux représailles de forces apparemment omniprésentes mais obscures qui terrorisent les Corses au point de les contraindre à une conspiration du silence.

“Il y a des gens qui savent mais qui ne veulent rien dire”, confie François Susini, s’arrêtant sur la plage où des sympathisants ont planté un drapeau à la tête de Maure à l’endroit où son fils est tombé.

Je n’ai pas la réponse. Et peut-être que je ne vous dis pas tout.”

Source : https://www.courrierinternational.com/article/reportage-les-corses-lasses-du-crime-organise

Corsica Oggi – Jean-Toussaint Plasenzotti, “lo zio” che combatte contro la mafia corsa

A settembre, il giovane militante nazionalista Maxime Susini è stato assassinato a Cargese, Corsica del Sud. Nonostante le minacce, suo zio ha creato una folla per combattere la mafia, che ha ricevuto centinaia di persone in suo sostegno.

“Lo zio, è meglio che presta attenzione”, disse qualcuno di fronte a qualcun altro e qualcun altro lo ripeté. Quando il caso è grave, succede di solito in Corsica in questo modo: palle alle porte, piccole bare nella posta, è solo folklore o buono per le serie TV.

Jean-Toussaint Plasenzotti, lo zio di Maxime Susini, barbaramente ucciso la scorsa mattina il 12 settembre scorso su un’idilliaca spiaggia di Cargese, Corsica del Sud, sapeva che non avrebbe parlato a voce alta per denunciare la mafia dell’isola con impunità. Dopo essere stato avvisato di queste minacce, “lo zio” ha richiesto un appuntamento con le autorità dell’isola. Come reagire Accetti di essere protetto dallo stato? Chiedere una porta per le armi? Nessuna di queste soluzioni concordava con Jean-Toussaint (dire “Ghjsantu” in corso) Plasenzotti, faccia secca, quasi emaciato da quando perse quello che considerava suo figlio.

Quindi ha ascoltato i suggerimenti di sicurezza forniti dalla polizia. Cambia rotta ogni giorno per andare al lavoro. Girare una rotonda prima di parcheggiare. Non rispettare i lavori troppo occupati. Questo professore di corse di 60 anni sorrise fatalmente: “Le strade, in Corsica, per passare da un villaggio all’altro … ce n’è solo uno. E quando abbiamo un lavoro, come nel mio caso, abbiamo anche programmi. Sto prestando attenzione, sì. Anche Maxime stava prestando attenzione e gli hanno sparato con un fucile per uccidere un orso! La lotta è ineguale per i teppisti che non hanno altro da fare che guidare in un’auto blindata. ”

Nelle ultime settimane ha quindi ridotto le sue uscite a ciò che è strettamente necessario. Non va più tutti i giorni al liceo di Ajaccio, a un’ora di auto da casa sua in Cargese. Non si vanta, non dice che non ha paura. Ma dice più precisamente:

“Non credo di essere più in pericolo che se non parlassi.” »
E continua la sua lotta.

Morire come un delinquente

Maxime Susini, 36 anni, un ragazzo di Cargese, un attivista nazionalista piuttosto laborioso che divenne un  proprietario di una paillotte sulla spiaggia del paese, non è il primo in Corsica a morire come un delinquente senza mai esserlo. Negli ultimi dieci anni, funzionari eletti, un presidente della Camera di commercio, un avvocato, un alto funzionario, sono stati assassinati perché la loro presenza sta ostacolando gli interessi criminali. Un candidato per i comuni di Ajaccio è stato anche vittimizzato due volte quest’anno da incendi volontari contro le sue compagnie.

La Corsica è oggi la regione più atti criminali  di tutta la Francia. Allora perché ribellarsi solo ora, dopo la morte di “Massimu”? E perché no? I movimenti devono nascere in un dato momento.

Il 5 ottobre, poche settimane dopo la sepoltura del giovane, che ha attirato 2.000 persone, Plasenzotti, un vecchio attivista di sinistra, ha mobilitato le sue reti e conoscenze e ha tenuto un incontro pubblico all’aperto in Cargese. Più di 250 persone, sedute su sedie di plastica, di fronte a un grande striscione con la foto del bellissimo volto del sorridente Maxime, hanno partecipato al lancio del collettivo “Massimu Susini. » Inedito.

“Mafia”, “potere occulto”, “delinquenti nascosti”. Le parole dello “zio” hanno sbattuto forte contro il muro  nel silenzio assordante della Corsica. Finita con acqua in bocca, questa espressione che denota una forma di omertà locale.

“La mafia in Corsica, ovviamente, non esce con questo omicidio”, dice Jean-Toussaint Plasenzotti, ma un nuovo corso è cominciato… Perché dico che Maxime è stato ucciso dalla mafia? Perché si è opposto a una banda di delinquenti, delinquenti, che volevano impadronirsi di Cargese per intimidazione ed essere in grado di riciclare denaro dal traffico di droga. Eliminando qualcuno noto per il suo coraggio, vogliono terrorizzare tutti e regnare pacificamente. Ma diciamo loro pubblicamente che non è ancora così. Stanno crescendo altri Massimu Susini. »

Toccato nella sua carne

Con l’omicidio di suo nipote, Plasenzotti fu toccato dalla sua carne, dalla sua famiglia, dal suo villaggio. Ma la sua lotta contro la mafia dell’isola non risale a questo omicidio. Attivista nazionalista dal suo 18esimo compleanno (ha trascorso un breve periodo in carcere a 26 anni a causa di una discussione con un gendarme), un ecologista convinto, si è sempre opposto all’eccessiva urbanizzazione della costa, questo profumo soldi sporchi che galleggiano sopra i principali progetti turistici, porosi nel mondo politico.

Seduto nella sala da pranzo della sua casetta a Cargese, da dove possiamo vedere il mare, ci mostra fasci di carte. Oltre 700 persone hanno aderito al collettivo. Hanno lasciato i loro nomi, indirizzi, numeri di telefono. Inaudito. Dozzine di residenti vengono alle riunioni pubbliche. Uno di loro, il sindaco di Cargese ha parlato del potenziale obiettivo che aveva alle spalle se avesse fatto scelte spiacevoli di pianificazione urbana.

L’effigie di Maxime nello stencil, il pugno alzato, compare sulle strade, le case, i cartelli stradali dell’isola. Ad ottobre, i cognomi della famigerata mafia sono stati etichettati in lettere nere sulle pareti di Bastia e Ajaccio. E le lettere arrivano al collettivo: una è firmata da un proprietario terriero che ha dovuto vendere la sua terra in pericolo. Una donna ha inviato una foto del suo ricattatore.

Creando l’associazione, vorremmo essere in grado di accompagnare queste vittime della mafia in tribunale ”, precisa Rinatu Coti, scrittore e presidente dell’associazione. Vengono fatte affermazioni molto chiare. La creazione di un crimine di associazione mafiosa, come in Italia. Un vero stato di pentimento. E il sequestro della proprietà dei mafiosi per darli ai cittadini.

Alcuni anni fa, le case sequestrate da una banda nel nord dell’isola erano state messe all’asta. Non hanno mai trovato un acquirente. Nessuno osava comprarli … “Non rendiamo morale nessuno, non chiediamo ai corsici di denunciare”, continua Jean-Toussaint. Diciamo quello che pensiamo: esiste un potere nascosto, tira le corde, guadagna terreno. Il male cresce. Non ha ancora preso il potere, ma è abbastanza forte da permettere a Massimu di essere ucciso. »

Non alla mafia, sì alla vita

“Lo zio” non è l’unico a fare questo punto. Un altro gruppo di lotta alla mafia, presieduto da Leo Battesti, un ex leader della FLNC che ha superato la violenza dopo il tumulto, è stato creato anche dopo l’assassinio di “Massimu”. Fu battezzato: Maffia Nò, A Vita Sì. Perché due movimenti? In Corsica, niente è mai semplice. Tra i due uomini esisterebbe un antagonismo politico, derivato da lunghi anni di attivismo. “Più gruppi ci sono, meglio è”, rispondono in coro per reprimere la controversia. “E poi non parliamo necessariamente con le stesse persone, potremmo essere più popolari nel primo senso”, afferma Plasenzotti.

E “Leo”, come viene chiamato sull’isola, con il suo passato, la sua grande voce, i suoi impegni politici, seduce il più possibile. Il successo del suo movimento, tuttavia, mostra che c’è un vero balzo in avanti. Le riunioni del dibattito sono piene. Alla fine, la gente parla.

Jérôme Ferrari, premio Goncourt 2012 per il suo libro “le Sermon sur la chute de Rome”, si è unito al gruppo di Leo. “Mostrare il mio nome per combattere il fenomeno della mafia qui è una questione di decenza civica”, afferma lo scrittore, professore di filosofia a Bastia e Ajaccio. Jean-François Bernardini, leader del gruppo polifonico corso I Muvrini, e altre personalità locali si unirono a lui. “Stiamo affrontando un flagello molto forte, la porosità ha conquistato ogni area della nostra società. Ma una rivoluzione dei cittadini si sta preparando a medio termine ”, ritiene Battesti.

Per combattere la mafia, dobbiamo ancora nominarla. “Mafia, mafia, mafia”,  dicono i collettivi. “Criminalità organizzata”, risponde il prefetto della Corsica, Josiane Chevalier, che non è in grado di ascoltare le implicite critiche allo stato che sta dietro la denuncia della “piovra”. Perché se c’è una mafia, è bene che il potere pubblico non svolga il suo ruolo.

“Non abbiamo aspettato che i gruppi prendessero provvedimenti”, dice, “negli ultimi diciannove mesi sull’isola. Lo stato non è fermo. Stiamo lavorando con funzionari eletti e il mondo degli affari per diffondere la notizia. Lavoriamo nel campo della pianificazione urbana, controlliamo l’uso del denaro pubblico. Ora i collettivi esistono, va bene. Ma lasciamo che riportino informazioni utili, fatti documentati comprovati! »

Queste parole fanno arrabbiare Jean-Toussaint Plasenzotti. “Mi chiede prove?” Che allora mi dà la stella dello sceriffo. Voglio dire, non sono protetto e lei non capisce che non siamo un semplice crimine organizzato. A chi dovrei rivolgermi? Trump? Plasenzotti e il suo gruppo si rivolgono anche ai nazionalisti eletti dell’isola, al potere dal 2015. Una sessione sulla violenza si è tenuta subito dopo l’assassinio di “Massimu” nell‘Assemblea della Corsica, il consiglio regionale della Collettività. Una sessione straordinaria sessione sulla mafia è prevista per marzo o aprile.

Plasenzotti è in attesa del processo. Ma denuncia la debolezza degli isolani, senza masticare di nuovo le sue parole:

“Oggi, chiunque assume un incarico politico ha una connessione più o meno profonda con il mondo violento. Quando chiediamo ai funzionari eletti: ci sono pressioni? Rispondono di si. Ma quando diciamo loro: di te? Lì dicono di no, contro l’ovvio … ”

Apostrofa, Gilles Simeoni, presidente dell’esecutivo della Corsica (autonomista), richiede pazienza. “Sconfiggere questo crimine organizzato, che ha interferito nella vita economica dell’isola – ma che non chiamo “mafia “- sarà fatto su scala generazionale, e non tra qualche anno. E non sta fuggendo o edulcorarlo per dirlo.”

Il sogno dello “zio”

Jean-Guy Talamoni, presidente dell’Assemblea della Corsica (indipedentista), incontra “lo zio”. “Non sono d’accordo su tutto, ma la sua parola è libera, utile. Il fatto che sia stato colpito nella sua carne gli dà ovviamente una legittimità speciale. Non possiamo fare tutto a livello politico, ma un piano d’azione sarà messo in atto dopo la sessione di primavera. ”

Mentre attraversiamo il villaggio di Jean-Toussaint Plasenzotti, l’erudito professore si sofferma su queste considerazioni semantiche. In Corsica, spiega, i problemi non vengono mai identificati chiaramente. Il cancro? Parliamo di “male cattivo”. Le prostitute? Si dice che abbiano “fatto una vita”. Lo stesso vale per la mafia. La negazione arriva fino a rifiutare di designare la minaccia.

All’improvviso, eccoci di fronte alla casa dove abitava suo nipote, una semplicissima casetta a un piano in pietra con una terrazza di fronte alla costa in lontananza. “Era una persona molto semplice”, continua. I giovani qui si sentono soffocati da queste zecche, questi parassiti che vengono a succhiare il nostro sangue. Si chiedono: se creo ricchezza qui, allora sarò “visitato” [ricattato, ndr]? In questo caso la loro unica salvezza è partire. Impensabile per questo amante della sua isola che sogna (sorridendo al suo paragone) di una riserva naturale che consentirebbe ai corsici di vivere e riprodursi pacificamente. Un’utopia che li toglierebbe dalla sensazione di vedere il loro mondo affondare sempre di più ogni giorno.

Il sito del Cullitivu Anti maffia Massimu Susini: https://massimususini.corsica/

Fonte:  Nouvelle Obs / Traduzzione : Corsica Oggi

L’Obs – Jean-Toussaint Plasenzotti, « l’oncle » qui lutte contre la mafia corse

En septembre, le jeune militant nationaliste Maxime Susini, était assassiné à Cargèse, en Corse-du-Sud. Malgré les menaces, son oncle a créé un collectif pour lutter contre la mafia, qui a reçu des centaines de soutiens.

« L’oncle, il ferait mieux de faire attention », a lancé quelqu’un, devant quelqu’un d’autre, et ce quelqu’un d’autre l’a répété. Quand l’affaire est sérieuse, ça se passe généralement de cette façon en Corse. Les balles sur le pas de la porte, les petits cercueils au courrier, c’est juste du folklore, ou bon pour les séries télé.

Jean-Toussaint Plasenzotti, l’oncle de Maxime Susini, tué sauvagement le 12 septembre dernier au petit matin sur une plage idyllique de Cargèse, en Corse-du-Sud, savait qu’il ne parlerait pas haut et fort pour dénoncer la mafia insulaire impunément. Après avoir été alerté de ces menaces, « l’oncle » a demandé un rendez-vous aux autorités présentes sur l’île. Comment réagir ? Accepter d’être protégé par l’Etat ? Solliciter un port d’arme ? Aucune de ces solutions n’a convenu à Jean-Toussaint (dites « Ghjsantu » en corse) Plasenzotti, visage sec, presque émacié depuis qu’il a perdu celui qu’il considérait comme son fils.

Alors il a écouté les conseils de sécurité donnés par les policiers. Changer chaque jour d’itinéraire pour aller au travail. Faire deux fois le tour d’un rond-point avant de se garer. Ne pas respecter d’emploi du temps trop fixe. Ce professeur de corse de 60 ans sourit avec fatalisme : « Les routes, en Corse, pour aller d’un village à l’autre… il n’y en a qu’une. Et quand on a un travail, comme c’est mon cas, on a aussi des horaires. Je fais attention, oui. Maxime aussi faisait attention, et on lui a tiré dessus avec un fusil destiné à

Source : https://www.nouvelobs.com/societe/20191228.OBS22844/jean-toussaint-plasenzotti-l-oncle-qui-lutte-contre-la-mafia-corse.html

Corse Matin – Collectif Massimu Susini : débat autour des rouages de la mafia

Six intervenants face à la foule. Partageant un à un les fruits de ses recherches, son expérience, sur les rouages des systèmes criminels, ici et ailleurs, résumé par un terme : mafia.

Un terme contesté par certains, qui ouvre le champ – malheureusement obligatoire – à une bataille sémantique, pour commencer. Car aucun ennemi ne peut être combattu sans être nommé, reconnu, identifié. C’est ce que les intervenants di u culletivu Massimu Susini se sont attelés à démontrer, hier soir, lors du débat public sur le thème “Maffia in Corsica : nigà ò luttà ?”, organisé au Spaziu universitariu Natale Luciani, à Corte.

Dans la salle – comble -, des membres d’associations de défense de l’environnement, des citoyens. Des représentants du collectif Mafia Nò, A Vita Iè, comme Léo Battesti ou Antoine Orsini, mais aussi Paul-Félix Benedetti, leader de Core in Fronte… “La mafia n’existe pas, puisque c’est elle-même qui le dit“, ironise en ouverture Ghjuvan Santu Plasenzotti, oncle de Massimu Susini et professeur de corse au lycée Lætitia d’Ajaccio.

Avant de décrire, en s’appuyant sur l’analyse du procureur Roberto Scarpinato (qui a oeuvré contre la mafia à Palerme, en Italie, aux côtés du juge Falcone), les “quatre pattes” tentaculaires du “monstre” : “On observe la mise en place d’une organisation criminelle (vols, escroqueries, trafics de drogues, assassinats…), des affairistes en lien avec les voyous, des politiciens qui sont les obligés et les alliés de ces voyous, le tout sous la protection des appareils d’État. Ajoutant que “ce pouvoir occulte n’aime pas la lumière” et donc être nommé.

“Escroquerie intellectuelle”

“Notre légitimité a été remise en cause, prétextant que l’on se cache derrière le paravent de l’inaction, rebondit Jérôme Mondoloni, avocat et membre de l’association de défense environnementale ABCDE. L’inaction, elle est plutôt du côté de l’État, en ce qui concerne la lutte contre le crime organisé. Ses résultats en la matière n’arrivent pas à 5 %, ça, c’est un fait. On nous rétorque : “Si on échoue, c’est à cause de l’omerta.” Mais pour la lutte contre le nationalisme, soudain, il n’y a plus d’omerta ? Ce n’est pas un manque de moyens, ce sont les mêmes services. C’est une véritable escroquerie intellectuelle.” Il pointe alors la “complicité de l’État” ou comme il le nomme lui-même “avec euphémisme” : “sa passivité complice”. Illustrant : “En 30 ans, 30 PLU ont été annulés, grâce aux actions des associations comme U Levante ou ABCDE, et seulement 1 ou 2 de l’État.”

Il pointe aussi l’inaction de la CdC qui a voté une motion en 2017 “mais en pratique n’a rien fait en 2 ans et vote à nouveau la même motion en 2019”. Poursuivant : “Il faudrait que la CdC exige de l’État d’avoir accès aux documents d’urbanisme du littoral auxquels elle a droit au sein de la commission CTPENAF. Elle devrait aussi créer un organisme indépendant permettant de contrôler et d’intervenir sur les marchés publics”, une proposition qui avait été faite “par Jean-Guy Talamoni en 2010 lorsqu’il était élu d’opposition à l’Assemblée”, rappelle-t-il.

Pierre-Laurent Santelli, comédien engagé dans la protection de l’environnement, a ajouté aux secteurs “touchés par la mafia” “les déchets, les transports, délégations de services publics : lorsqu’on superpose ces secteurs, on se rend compte que ce sont les mêmes personnes aux manettes et qu’elles bénéficient de subventions publiques.”

Vincente Cucchi d’ABCDE, a partagé son expérience, avant que Jérôme Mondoloni rappelle qu’un “contrat a été mis sur sa tête par la Brise de mer”, qui avait essayé d’acheter son silence pour “50 000 , sinon “elle était butée.

Que faire contre les tentacules de la pieuvre ? Le témoignage de Fabrice Rizzoli, président de Crim’Halt, pourrait donner des pistes. Celui-ci a cité en exemple la ville de Casal di Principe, au nord de Naples, commune italienne où les terres de la Camorra ont été confisquées par l’État et sont utilisées par des associations d’aide au handicap – “utilisées mais pas achetées” – ,et sont cultivées pour fabriquer des produits bio du terroir.

Les échanges ont été interrompus par une alarme incendie – provoquée par le barbecue de la soirée, à l’extérieur du bâtiment. Une “alarme figatelli”, qui a permis de faire une pause repas avant de reprendre les échanges. Et poursuivre la soirée par une veillée musicale aux côtés d’artistes locaux engagés.

Source: https://www.corsematin.com/articles/collectif-massimu-susini-debat-autour-des-rouages-de-la-mafia-97605

Corse Matin – Le Cullittivu Massimu Susini alerte sur le danger qui rôde en Corse

Hier à Corte, le Cullittivu Massimu Susini, “doté de statuts et d’une direction collégiale”, a tenu à “alerter sur les dangers qui pèsent sur nous”, expose Ghjuvan’Santu Plasenzotti, administrateur. Au nom de l’entité, il “condamne” les incendies criminels commis contre des acteurs du monde agricole, et constate “surtout une inaction qui va entraîner la généralisation de la violence.

En cause, l’immobilisme des services de l’État et des responsables de la CdC qui ne sont apparemment pas à la hauteur”. Il rappelle le rôle du collectif qui est “d’alerter, agir et éduquer autour de ce qu’est la mafia: une pieuvre constituée de gens extrêmement menaçants qui agissent dans la clandestinité”.

Rinatu Coti, président, dresse un tableau peu flatteur, notamment à l’endroit de la préfète de Corse. Les éminents élus de la CdC n’échappent pas davantage aux formules tranchantes : “Nous sommes dans un état d’expectative indigne. C’est tout un peuple qui est menacé par des groupes et individus qui ont des pratiques opaques. Se taire, c’est se faire complice de cette mafia.”

Il assène : “La mafia ne laisse que désolation, tue la solidarité et l’hospitalité.” Aux côtés de la dizaine de personnes présentes, Pierre-Laurent Santelli, administrateur, a pour sa part dressé le contenu des missives adressées à la préfète de Corse, aux présidents de l’Exécutif et de l’Assemblée, ainsi qu’aux conseillers territoriaux. La préfète est clairement interpellée : “Si vous refusez de nous aider, d’aider les Corses et la Corse, vous serez coresponsables de tout ce qui va arriver.”

La conclusion, adressée aux élus régionaux, est plus mesurée : “Il n’y a aucune raison pour que nous ne trouvions pas de solution aux graves dangers qui pèsent sur nous tous. (…) Nous restons persuadés que nous sommes capables d’y arriver.”

Source : https://www.corsematin.com/article/article/le-cullittivu-massimu-susini-alerte-sur-le-danger-qui-rode

Corse Matin – Le collectif antimafia de Cargèse se met en ordre de marche

Le collectif anti-mafia va mener de nombreuses actions dans toute la Corse pour donner
Photo JOSE MARTINETTI

Le collectif anti-mafia constitué à la suite de l’assassinat de Massimu Susini, le 12 septembre dernier à Carghjese s’est rassemblé hier à Corte. Une réunion suivie d’une conférence de presse pour annoncer les pistes de travail de l’association dont les statuts seront déposés sous peu.

À la tribune, le président Rinatu Coti et le secrétaire Pierre-Laurent Santelli. Face à eux, quelques-uns des 500 adhérents enregistrés jusqu’à présent.

Et sur le papier, trois axes fondamentaux : “D’abord, détaille Rinatu Coti, nous appelons les gens à une prise de conscience et à la dénonciation des violations de la loi dont ils pourraient être témoins, afin de conserver un État de droit. Ensuite, nous annonçons que le collectif se constituera partie civile dans toutes les affaires qui auront trait à ce qu’il dénonce. Enfin, nous oeuvrerons pour que les biens mobiliers et immobiliers saisis dans le cadre de procédures pour “association de malfaiteurs en vue d’une entreprise mafieuse” soient remis à des associations à but non lucratif et caritatives.”

“Nous demandons aussi que soit reconnu le statut de coopérant de justice, complète Pierre-Laurent Santelli, et qu’il comprenne une vraie protection.”

Voilà pour le cadre.

Derrière, il y a aussi et surtout une volonté farouche de ne pas laisser retomber l’élan créé par l’assassinat de Massimu Susini, d’entretenir le mouvement qui a vu le jour pour en tirer des actions et des faits.

Et si les membres du collectif ont bien conscience que ce ne sera pas facile, ils en appellent tout de même à tous les membres de la société insulaire : “Nous comptons sur le fait que beaucoup de personnes se joindront à nous, dit encore Rinatu Coti, pour mener à bien cette démarche qui, nous le savons, sera longue. Aujourd’hui, notre société est en danger et le peuple en prend conscience. C’est pour qu’elle ne sombre pas dans le néant que ce collectif a été initié. Créer une association est un démarrage, maintenant il reste à faire le chemin, ce sera difficile, mais c’est notre devoir.”

“Plus de gens se lèveront, mieux ce sera”

Et d’écorcher l’État au passage : “Que fait l’État ? Cet État qui, paraît-il, doit assurer la sécurité des citoyens, que fait-il pour nous prémunir de ce cancer épouvantable qui essaie de détruire la société tout entière pour prendre le pouvoir ? La mafia veut le pouvoir mais nous, nous ne voulons pas que cela arrive et c’est pour empêcher cela que le collectif a été créé. U Cumunu, ce mot a un sens très ancien et il rappelle que quand on fait les choses ensemble, le plus souvent on réussit.”

Et pour arriver à ses fins, le collectif compte diffuser son message le plus largement possible : “Nous allons organiser des conférences, des colloques, des rencontres, des soirées, des veillées. Nous essayerons de travailler en synergie avec les autres associations, les institutions et les collectivités susceptibles d’oeuvrer pour la lutte contre la mafia.”

Un rassemblement – dont la date reste à fixer – est d’ores et déjà prévu pour interpeller les instances juridiques et les mettre “face à leurs responsabilités”. D’autres réunions publiques viendront. “Il faut donner une réponse forte de la société face à cette gangrène qui se répand en Corse, martèle Pierre-Laurent Santelli. Toutes les personnes qui sont en phase avec le combat que nous menons sont les bienvenues. Nous travaillerons avec tous ceux qui se sentent concernés pour afficher un front uni. Il y a urgence. Plus de gens se lèveront, mieux ce sera.”

Source : https://www.corsematin.com/article/article/le-collectif-antimafia-de-carghjese-se-met-en-ordre-de-marche