Corse Matin – Le collectif Massimu Susini appelle Collectivité de Corse et État à agir

Lors d’une conférence de presse, les membres du collectif ont dressé un bilan de leurs rencontres avec la préfète et les élus de l’Assemblée de Corse. Un constat : les outils de lutte contre la mafia sont là mais “personne ne veut s’en servir”

Le collectif anti-mafia Massimu Susini est finalement allé bien au-delà du bilan des actions qu’il était venu présenter, hier matin, dans l’une des salles de conférence de l’hôtel Best Western d’Ajaccio.

Ce “point” évoqué par l’une de ses figures, Ghjuvan’ Santu Plasenzoti, fut surtout l’occasion d’un constat amer, sans concession, à la suite de deux entretiens récents. L’un avec la préfète, l’autre dans le cadre de la conférence des présidents de la Collectivité de Corse où il fut question de débattre de la violence criminelle. Par cette conférence de presse, le collectif a souhaité affirmer que “les autorités politiques et étatiques ne sont pas sur le front, c’est nous qui y sommes”.

Sans doute parce que l’on est jamais autant déçu que par les siens, c’est d’abord aux élus de la CdC que sont allés les premiers reproches. “Le président Gilles Simeoni l’a affirmé, l’île se trouve dans une spirale infernale et est menacée à travers deux phénomènes : la spéculation immobilière et les marchés publics. Mais dans ces deux domaines, nos élus locaux ont toutes les compétences pour agir !”, insiste Jérôme Mondoloni.

Et que font-ils, selon lui ? “Rien, tout juste ont-ils réglé un problème concernant 600 m² d’une zone humide à Misincu, rien d’autre. Alors que la carte des territoires où l’emprise mafieuse est la plus forte et celle de la spéculation immobilière se superposent parfaitement. La CdC peut agir en justice mais elle ne le fait pas.”

Le défenseur de l’environnement évoque le dossier des espaces stratégiques agricoles (ESA). “Leur cartographie a été annulée en mars 2018. En six mois, la CdC avait la possibilité d’en voter une nouvelle, mais elle a décidé de “se donner le temps”. Cela a duré deux ans et déjà 1 500 hectares ont été artificialisés. La CdC a ouvert grand les vannes.”

Et Jérôme Mondoloni de rappeler que l’écrasante majorité des PLU annulés l’a été grâce au concours des associations de l’environnement. “La CdC avait voté en faveur du PLU de Prupià, par exemple, heureusement annulé grâce à U Levante.”

“Sentiment d’impuissance de la 6e puissance mondiale”

Cette mafia, toujours selon les porte-parole du collectif Massimu Susini, c’est également celle qui “prospère sur la concentration d’activités.

“Aujourd’hui, il n’est pas normal que quinze sociétés détiennent 95 % des ressources économiques de l’île.”

Jérôme Mondoloni affirme que le collectif “ne demande pas la révision de la Constitution mais seulement l’action à travers les moyens légaux dont dispose la CdC” et dont cette dernière ne se servirait pas pour “arrêter de faire des PLU aussi magouilleurs, cela ferait réfléchir mais, pour l’instant, rien.” “C’est pourtant de cette manière que la CdC montrerait à l’État sa véritable autonomie, en ne laissant pas faire n’importe quoi chez elle”, insiste-t-il.

De l’entretien avec la préfète transpire surtout un “très inquiétant sentiment d’impuissance de la part de la sixième puissance mondiale”, affirme le collectif. Impuissance à “faire appliquer le Padduc, alors que les maires, dès 2015, avaient trois ans pour mettre leurs PLU en conformité, mais rien ou presque n’a été fait. Entre-temps, l’État a continué d’octroyer des permis de construire, comme à Bonifacio”. Le collectif estime qu’il y aurait eu “3 000 permis de construire en trop, essentiellement concernant des résidences secondaires”.

Quelle fut la réponse de la CdC ? “On nous a parlé d’une charte éthique de l’élu”, affirme Pierre-Laurent Santelli, qui met en doute cette proposition par un exemple concret, celui d’un élu “cumulard” de la CdC dont il énumère les fonctions, sans le citer : “Maire, vice-président d’une communauté de communes, conseiller territorial, vice-président de la commission des finances, siégeant au conseil d’administration de quatre offices et agence (transport, environnement, foncier, urbanisme) ainsi qu’aux conseils d’administration et de surveillance des Chemins de fer et d’Air Corsica. Et on vient nous expliquer, toute honte bue, qu’un homme peut gérer ça tout seul.”

“Nous sommes des victimes”

Toujours selon les membres du collectif Massimu Susini, “un silence assourdissant s’est abattu à la conférence des présidents de la CdC lorsqu’il a été question des ESA, comme un constat accablant, un orage qu’on laisse passer. Si les nationalistes pensent que cela relève de la compétence de l’État, c’est à désespérer. La seule question qui nous a été posée fut celle-ci : “Pourquoi avoir créé deux collectifs ?”. Nous avons répondu par une question tout aussi stupide : “Pourquoi y a-t-il quatre tendances nationalistes ?”.

Toujours avec ce souci de s’attaquer à la spéculation immobilière, fer de lance de “l’emprise mafieuse”, le collectif a proposé, entre autres, “un véritable contrôle des institutions avec un site dédié à la visualisation des permis de construire, la refonte et la redéfinition des agences et offices de la CdC, qui sont des outils essentiellement bureaucratiques”.

Ghjuvan’Santu Plasenzoti a insisté : “Nous ne sommes pas dans la dénonciation systématique. Nous sommes des victimes, ce peuple, ce pays, sont des victimes.”

Si le collectif ne souhaite pas entrer dans un débat sémantique autour du terme de mafia qu’il martèle, force est de constater que le mot est récusé par la préfète et employé “exclusivement de manière individuelle par les élus.

“Lorsque l’on refuse de nommer les choses, c’est que l’on ne veut pas être pris en faute. La préfète nous a avoué qu’elle avait des doutes sur certains marchés publics mais qu’elle ne pouvait rien faire.” L’occasion pour Ghjuvan’Santu Plasenzoti d’être sarcastique : “Gilles Simeoni a affirmé qu’il faudra 25 ans pour délivrer la Corse des réseaux mafieux. Cela nous paraît long pour quelque chose qui n’existe pas.”

“Il est naturel pour un citoyen de se défendre”

Face à l’impuissance et aux moyens inadaptés, le collectif craint “une catastrophe” qui pourrait faire déraper une situation jugée déjà critique. “A maffia faci i cosi sicreti ma pò tumbà à qualchissia in pubblicu, rappelle Rinatu Coti, président du collectif. Hè una perversioni di a cultura è, par avà, ùn ci hè micca rimediu. Ma ùn vulemu micca essa una preda allora chì ne u Statu, ne l’autorità eletta di Corsica anu circatu à aneantì ‘ssu sistema.”

“Il est naturel pour un citoyen de se défendre s’il se sent menacé, confie Ghjuvan’Santu Plasenzoti. Nous n’en sommes pas encore là, mais il faut être pleinement conscient de la situation si rien n’est fait par les services de sécurité de l’État et par les élus locaux.”

Source : https://www.corsematin.com/articles/le-collectif-massimu-susini-appelle-collectivite-de-corse-et-etat-a-agir-99306

Corse Net Infos – Collectif Massimu Susini : “Il faut entrer en résistance, c’est une question de vie ou de mort !”

Le collectif anti mafia Massimu Susini est revenu, ce samedi à Ajaccio, sur ses attentes de lutte contre « la crise mafieuse » dans l’île. Des demandes clairement exprimées auprès de l’État mais aussi à destination de la Collectivité de Corse et de ses élus.

Le collectif anti mafia Massimu Susini a donné une conférence de presse afin de rendre compte des avancées du mouvement et de rappeler ses attentes après avoir rencontré la préfète de région et les élus de l’Assemblée de Corse à la conférence des Présidents.
Échanges annoncés fructueux avec la représentante de l’Etat, laquelle sans utiliser le mot mafia, a validé l’analyse réalisée par le collectif sur la pénétration criminelle du tissu économique corse. 
«  Nous ne nous battons pas pour de la sémantique, a déclaré Gjhuvan Santu Plasenzotti, porte-parole. Nous ne sommes pas là pour imposer le terme de mafia mais pour dénoncer un danger qui intègre nos secteurs sociaux, économiques et politiques. Il y a une véritable crise mafieuse en Corse, c’est une réalité. Ce qui était un rassemblement est devenu aujourd’hui un mouvement citoyen et nous appelons l’ensemble de la société civile à se mobiliser ainsi que l’État et la Région à lutter contre ce fléau. Car, il nous faut faire preuve de résistance, de vigilance et, disons-le, clairement c’est une question de vie ou de mort. Il y a de trop nombreuses victimes ainsi qu’une perversion de notre culture. Il faut que cela cesse ».

De manière concrète, le collectif est en attente de la mise en œuvre par l’État  de diverses mesures : faire de la lutte anti-mafia une priorité avec notamment la création d’un organe de coordination qui associe enquêteurs criminels et services d’enquêtes fiscales. Le collectif demande également la reconnaissance du délit d’association mafieuse, la confiscation des biens mafieux et de leurs complices ainsi qu’un véritable statut de coopérateur de justice.
D’autres part, le collectif réclame de la CdC des actions en justice en cas de violation du PADDUC en déplorant que la Collectivité s’y est engagée tardivement et n’a pas tenu ses promesses. 


Toujours la Région en ligne de mire, le document des revendications pointe du doigt « le pillage des Espaces Stratégiques Agricoles) après l’annulation de la carte par le tribunal administratif. « Là ce n’est pas l’État qui est seul responsable de cette destruction des terres agricoles mais bien aussi la CdC qui, par son inaction coupable, porte la responsabilité d’avoir laissé pourrir la situation ». Il en est de même pour la lutte contre la spéculation immobilière. « Défendre la terre corse en CTPENAF et devant les tribunaux, en utilisant les moyens légaux dont elle dispose est le minimum qu’on puisse attendre de la CdC, responsable de la mise en œuvre du PADDUC. Et la CdC ne peut pas dire, sauf à faire preuve d’une singulière mauvaise foi, qu’elle ne peut faire ce que des associations comme ABCDE ou U Levante, avec très peu de moyens, font depuis des années contre les mafieux du béton ». 

Le collectif souhaite aussi que soit renforcés les moyens humains de l’Agence de l’Urbanisme, une mise en place par la Région d’un contrôle des marchés publics et délégations de services publics qui dépendent d’elle. Enfin, le rassemblement anti mafia dénonce les inégalités croissantes. « La concentration accélérée du pouvoir économique et financier aux mains de quelques familles face à la paupérisation d’une part importante de notre peuple ne peut que déboucher sur une société conflictuelle tant il est évident que certains Corses sont beaucoup plus égaux que d’autres devant la loi. La spéculation immobilière qui profite à la mafia du béton prouve aux corses que si on est riche et puissant on peut tout se permettre. Le développement des centres commerciaux surdimensionnés, ruinant les commerces de centre-ville, symbolise le triomphe de l’argent roi et opaque. L’exemple donné à la jeunesse corse est lamentable. L’État est défaillant, volontairement, dans son contrôle de légalité ? Oui ! Mais ce n’est pas une excuse pour la CdC pour ne pas réagir et se rendre complice, de fait de la destruction de notre bien commun, de notre communauté historique ».

L’interview de Ghjuvan-Santu Plasenzotti (Corse Net Infos)

Source : https://www.corsenetinfos.corsica/Collectif-Massimu-Susini-Il-faut-entrer-en-resistance-c-est-une-question-de-vie-ou-de-mort-_a47286.html

Courrier International – Les Corses lassés du crime organisé

Le meurtre de Maxime Susini, jeune militant nationaliste et écologiste, au mois de septembre, a soulevé une vague de protestation exceptionnelle en Corse, relève The New York Times. Sur l’île de Beauté, ils sont de plus en plus nombreux à dénoncer le crime organisé qui y règne. Nos services

Calmement, le père du défunt raconte l’assassinat de son fils : le meurtrier, équipé d’un fusil à lunette de visée, était caché dans les broussailles, là-bas. Son fils a ouvert les portes de la cuisine de sa paillote, ici, et c’est là que la balle l’a touché ; Maxime Susini, dit “Massimu”, s’est effondré dix mètres plus loin, sur la plage [de Cargèse, en Corse], après une ultime tentative de fuite.

Un meurtre parmi tant d’autres sur les rivages scintillants de l’île de Beauté, qui en France bat tous les records d’homicides : dans les villages coupés du monde par les hautes montagnes, on règle depuis longtemps ses comptes à coups d’armes à feu, mais ces affaires sont rarement élucidées.

François Susini, le père du jeune homme, savait que cela finirait comme ça. Ce matin-là, il a même entendu les coups de feu. Comme si souvent par le passé, la voiture des meurtriers présumés a ensuite été retrouvée calcinée à quelques kilomètres, sur une route côtière.

La conspiration du silence

Le meurtre de Maxime Susini ne ressemblait pourtant pas tout à fait aux nombreux assassinats qui l’ont précédé. La mort de ce militant nationaliste et écologiste de 36 ans, champion de foot, de boxe, et restaurateur très apprécié, a soulevé une vague de protestation exceptionnelle en Corse. Deux collectifs citoyens ont vu le jour pour dénoncer les forces du crime organisé soupçonnées d’en être les commanditaires – une entité nébuleuse tenue pour responsable de pratiquement tout, du trafic de drogue jusqu’à la spéculation immobilière et le racket des restaurateurs.

Dans une région dont l’économie dépend en grande partie des touristes séduits par l’âpre beauté des côtes, tous ceux qui, à l’instar de Massimu Susini, osent s’élever publiquement contre le bétonnage des côtes, les constructions sauvages ou le trafic de drogue local s’exposent aux représailles de forces apparemment omniprésentes mais obscures qui terrorisent les Corses au point de les contraindre à une conspiration du silence.

“Il y a des gens qui savent mais qui ne veulent rien dire”, confie François Susini, s’arrêtant sur la plage où des sympathisants ont planté un drapeau à la tête de Maure à l’endroit où son fils est tombé.

Je n’ai pas la réponse. Et peut-être que je ne vous dis pas tout.”

Source : https://www.courrierinternational.com/article/reportage-les-corses-lasses-du-crime-organise

Corsica Oggi – Jean-Toussaint Plasenzotti, “lo zio” che combatte contro la mafia corsa

A settembre, il giovane militante nazionalista Maxime Susini è stato assassinato a Cargese, Corsica del Sud. Nonostante le minacce, suo zio ha creato una folla per combattere la mafia, che ha ricevuto centinaia di persone in suo sostegno.

“Lo zio, è meglio che presta attenzione”, disse qualcuno di fronte a qualcun altro e qualcun altro lo ripeté. Quando il caso è grave, succede di solito in Corsica in questo modo: palle alle porte, piccole bare nella posta, è solo folklore o buono per le serie TV.

Jean-Toussaint Plasenzotti, lo zio di Maxime Susini, barbaramente ucciso la scorsa mattina il 12 settembre scorso su un’idilliaca spiaggia di Cargese, Corsica del Sud, sapeva che non avrebbe parlato a voce alta per denunciare la mafia dell’isola con impunità. Dopo essere stato avvisato di queste minacce, “lo zio” ha richiesto un appuntamento con le autorità dell’isola. Come reagire Accetti di essere protetto dallo stato? Chiedere una porta per le armi? Nessuna di queste soluzioni concordava con Jean-Toussaint (dire “Ghjsantu” in corso) Plasenzotti, faccia secca, quasi emaciato da quando perse quello che considerava suo figlio.

Quindi ha ascoltato i suggerimenti di sicurezza forniti dalla polizia. Cambia rotta ogni giorno per andare al lavoro. Girare una rotonda prima di parcheggiare. Non rispettare i lavori troppo occupati. Questo professore di corse di 60 anni sorrise fatalmente: “Le strade, in Corsica, per passare da un villaggio all’altro … ce n’è solo uno. E quando abbiamo un lavoro, come nel mio caso, abbiamo anche programmi. Sto prestando attenzione, sì. Anche Maxime stava prestando attenzione e gli hanno sparato con un fucile per uccidere un orso! La lotta è ineguale per i teppisti che non hanno altro da fare che guidare in un’auto blindata. ”

Nelle ultime settimane ha quindi ridotto le sue uscite a ciò che è strettamente necessario. Non va più tutti i giorni al liceo di Ajaccio, a un’ora di auto da casa sua in Cargese. Non si vanta, non dice che non ha paura. Ma dice più precisamente:

“Non credo di essere più in pericolo che se non parlassi.” »
E continua la sua lotta.

Morire come un delinquente

Maxime Susini, 36 anni, un ragazzo di Cargese, un attivista nazionalista piuttosto laborioso che divenne un  proprietario di una paillotte sulla spiaggia del paese, non è il primo in Corsica a morire come un delinquente senza mai esserlo. Negli ultimi dieci anni, funzionari eletti, un presidente della Camera di commercio, un avvocato, un alto funzionario, sono stati assassinati perché la loro presenza sta ostacolando gli interessi criminali. Un candidato per i comuni di Ajaccio è stato anche vittimizzato due volte quest’anno da incendi volontari contro le sue compagnie.

La Corsica è oggi la regione più atti criminali  di tutta la Francia. Allora perché ribellarsi solo ora, dopo la morte di “Massimu”? E perché no? I movimenti devono nascere in un dato momento.

Il 5 ottobre, poche settimane dopo la sepoltura del giovane, che ha attirato 2.000 persone, Plasenzotti, un vecchio attivista di sinistra, ha mobilitato le sue reti e conoscenze e ha tenuto un incontro pubblico all’aperto in Cargese. Più di 250 persone, sedute su sedie di plastica, di fronte a un grande striscione con la foto del bellissimo volto del sorridente Maxime, hanno partecipato al lancio del collettivo “Massimu Susini. » Inedito.

“Mafia”, “potere occulto”, “delinquenti nascosti”. Le parole dello “zio” hanno sbattuto forte contro il muro  nel silenzio assordante della Corsica. Finita con acqua in bocca, questa espressione che denota una forma di omertà locale.

“La mafia in Corsica, ovviamente, non esce con questo omicidio”, dice Jean-Toussaint Plasenzotti, ma un nuovo corso è cominciato… Perché dico che Maxime è stato ucciso dalla mafia? Perché si è opposto a una banda di delinquenti, delinquenti, che volevano impadronirsi di Cargese per intimidazione ed essere in grado di riciclare denaro dal traffico di droga. Eliminando qualcuno noto per il suo coraggio, vogliono terrorizzare tutti e regnare pacificamente. Ma diciamo loro pubblicamente che non è ancora così. Stanno crescendo altri Massimu Susini. »

Toccato nella sua carne

Con l’omicidio di suo nipote, Plasenzotti fu toccato dalla sua carne, dalla sua famiglia, dal suo villaggio. Ma la sua lotta contro la mafia dell’isola non risale a questo omicidio. Attivista nazionalista dal suo 18esimo compleanno (ha trascorso un breve periodo in carcere a 26 anni a causa di una discussione con un gendarme), un ecologista convinto, si è sempre opposto all’eccessiva urbanizzazione della costa, questo profumo soldi sporchi che galleggiano sopra i principali progetti turistici, porosi nel mondo politico.

Seduto nella sala da pranzo della sua casetta a Cargese, da dove possiamo vedere il mare, ci mostra fasci di carte. Oltre 700 persone hanno aderito al collettivo. Hanno lasciato i loro nomi, indirizzi, numeri di telefono. Inaudito. Dozzine di residenti vengono alle riunioni pubbliche. Uno di loro, il sindaco di Cargese ha parlato del potenziale obiettivo che aveva alle spalle se avesse fatto scelte spiacevoli di pianificazione urbana.

L’effigie di Maxime nello stencil, il pugno alzato, compare sulle strade, le case, i cartelli stradali dell’isola. Ad ottobre, i cognomi della famigerata mafia sono stati etichettati in lettere nere sulle pareti di Bastia e Ajaccio. E le lettere arrivano al collettivo: una è firmata da un proprietario terriero che ha dovuto vendere la sua terra in pericolo. Una donna ha inviato una foto del suo ricattatore.

Creando l’associazione, vorremmo essere in grado di accompagnare queste vittime della mafia in tribunale ”, precisa Rinatu Coti, scrittore e presidente dell’associazione. Vengono fatte affermazioni molto chiare. La creazione di un crimine di associazione mafiosa, come in Italia. Un vero stato di pentimento. E il sequestro della proprietà dei mafiosi per darli ai cittadini.

Alcuni anni fa, le case sequestrate da una banda nel nord dell’isola erano state messe all’asta. Non hanno mai trovato un acquirente. Nessuno osava comprarli … “Non rendiamo morale nessuno, non chiediamo ai corsici di denunciare”, continua Jean-Toussaint. Diciamo quello che pensiamo: esiste un potere nascosto, tira le corde, guadagna terreno. Il male cresce. Non ha ancora preso il potere, ma è abbastanza forte da permettere a Massimu di essere ucciso. »

Non alla mafia, sì alla vita

“Lo zio” non è l’unico a fare questo punto. Un altro gruppo di lotta alla mafia, presieduto da Leo Battesti, un ex leader della FLNC che ha superato la violenza dopo il tumulto, è stato creato anche dopo l’assassinio di “Massimu”. Fu battezzato: Maffia Nò, A Vita Sì. Perché due movimenti? In Corsica, niente è mai semplice. Tra i due uomini esisterebbe un antagonismo politico, derivato da lunghi anni di attivismo. “Più gruppi ci sono, meglio è”, rispondono in coro per reprimere la controversia. “E poi non parliamo necessariamente con le stesse persone, potremmo essere più popolari nel primo senso”, afferma Plasenzotti.

E “Leo”, come viene chiamato sull’isola, con il suo passato, la sua grande voce, i suoi impegni politici, seduce il più possibile. Il successo del suo movimento, tuttavia, mostra che c’è un vero balzo in avanti. Le riunioni del dibattito sono piene. Alla fine, la gente parla.

Jérôme Ferrari, premio Goncourt 2012 per il suo libro “le Sermon sur la chute de Rome”, si è unito al gruppo di Leo. “Mostrare il mio nome per combattere il fenomeno della mafia qui è una questione di decenza civica”, afferma lo scrittore, professore di filosofia a Bastia e Ajaccio. Jean-François Bernardini, leader del gruppo polifonico corso I Muvrini, e altre personalità locali si unirono a lui. “Stiamo affrontando un flagello molto forte, la porosità ha conquistato ogni area della nostra società. Ma una rivoluzione dei cittadini si sta preparando a medio termine ”, ritiene Battesti.

Per combattere la mafia, dobbiamo ancora nominarla. “Mafia, mafia, mafia”,  dicono i collettivi. “Criminalità organizzata”, risponde il prefetto della Corsica, Josiane Chevalier, che non è in grado di ascoltare le implicite critiche allo stato che sta dietro la denuncia della “piovra”. Perché se c’è una mafia, è bene che il potere pubblico non svolga il suo ruolo.

“Non abbiamo aspettato che i gruppi prendessero provvedimenti”, dice, “negli ultimi diciannove mesi sull’isola. Lo stato non è fermo. Stiamo lavorando con funzionari eletti e il mondo degli affari per diffondere la notizia. Lavoriamo nel campo della pianificazione urbana, controlliamo l’uso del denaro pubblico. Ora i collettivi esistono, va bene. Ma lasciamo che riportino informazioni utili, fatti documentati comprovati! »

Queste parole fanno arrabbiare Jean-Toussaint Plasenzotti. “Mi chiede prove?” Che allora mi dà la stella dello sceriffo. Voglio dire, non sono protetto e lei non capisce che non siamo un semplice crimine organizzato. A chi dovrei rivolgermi? Trump? Plasenzotti e il suo gruppo si rivolgono anche ai nazionalisti eletti dell’isola, al potere dal 2015. Una sessione sulla violenza si è tenuta subito dopo l’assassinio di “Massimu” nell‘Assemblea della Corsica, il consiglio regionale della Collettività. Una sessione straordinaria sessione sulla mafia è prevista per marzo o aprile.

Plasenzotti è in attesa del processo. Ma denuncia la debolezza degli isolani, senza masticare di nuovo le sue parole:

“Oggi, chiunque assume un incarico politico ha una connessione più o meno profonda con il mondo violento. Quando chiediamo ai funzionari eletti: ci sono pressioni? Rispondono di si. Ma quando diciamo loro: di te? Lì dicono di no, contro l’ovvio … ”

Apostrofa, Gilles Simeoni, presidente dell’esecutivo della Corsica (autonomista), richiede pazienza. “Sconfiggere questo crimine organizzato, che ha interferito nella vita economica dell’isola – ma che non chiamo “mafia “- sarà fatto su scala generazionale, e non tra qualche anno. E non sta fuggendo o edulcorarlo per dirlo.”

Il sogno dello “zio”

Jean-Guy Talamoni, presidente dell’Assemblea della Corsica (indipedentista), incontra “lo zio”. “Non sono d’accordo su tutto, ma la sua parola è libera, utile. Il fatto che sia stato colpito nella sua carne gli dà ovviamente una legittimità speciale. Non possiamo fare tutto a livello politico, ma un piano d’azione sarà messo in atto dopo la sessione di primavera. ”

Mentre attraversiamo il villaggio di Jean-Toussaint Plasenzotti, l’erudito professore si sofferma su queste considerazioni semantiche. In Corsica, spiega, i problemi non vengono mai identificati chiaramente. Il cancro? Parliamo di “male cattivo”. Le prostitute? Si dice che abbiano “fatto una vita”. Lo stesso vale per la mafia. La negazione arriva fino a rifiutare di designare la minaccia.

All’improvviso, eccoci di fronte alla casa dove abitava suo nipote, una semplicissima casetta a un piano in pietra con una terrazza di fronte alla costa in lontananza. “Era una persona molto semplice”, continua. I giovani qui si sentono soffocati da queste zecche, questi parassiti che vengono a succhiare il nostro sangue. Si chiedono: se creo ricchezza qui, allora sarò “visitato” [ricattato, ndr]? In questo caso la loro unica salvezza è partire. Impensabile per questo amante della sua isola che sogna (sorridendo al suo paragone) di una riserva naturale che consentirebbe ai corsici di vivere e riprodursi pacificamente. Un’utopia che li toglierebbe dalla sensazione di vedere il loro mondo affondare sempre di più ogni giorno.

Il sito del Cullitivu Anti maffia Massimu Susini: https://massimususini.corsica/

Fonte:  Nouvelle Obs / Traduzzione : Corsica Oggi

L’Obs – Jean-Toussaint Plasenzotti, « l’oncle » qui lutte contre la mafia corse

En septembre, le jeune militant nationaliste Maxime Susini, était assassiné à Cargèse, en Corse-du-Sud. Malgré les menaces, son oncle a créé un collectif pour lutter contre la mafia, qui a reçu des centaines de soutiens.

« L’oncle, il ferait mieux de faire attention », a lancé quelqu’un, devant quelqu’un d’autre, et ce quelqu’un d’autre l’a répété. Quand l’affaire est sérieuse, ça se passe généralement de cette façon en Corse. Les balles sur le pas de la porte, les petits cercueils au courrier, c’est juste du folklore, ou bon pour les séries télé.

Jean-Toussaint Plasenzotti, l’oncle de Maxime Susini, tué sauvagement le 12 septembre dernier au petit matin sur une plage idyllique de Cargèse, en Corse-du-Sud, savait qu’il ne parlerait pas haut et fort pour dénoncer la mafia insulaire impunément. Après avoir été alerté de ces menaces, « l’oncle » a demandé un rendez-vous aux autorités présentes sur l’île. Comment réagir ? Accepter d’être protégé par l’Etat ? Solliciter un port d’arme ? Aucune de ces solutions n’a convenu à Jean-Toussaint (dites « Ghjsantu » en corse) Plasenzotti, visage sec, presque émacié depuis qu’il a perdu celui qu’il considérait comme son fils.

Alors il a écouté les conseils de sécurité donnés par les policiers. Changer chaque jour d’itinéraire pour aller au travail. Faire deux fois le tour d’un rond-point avant de se garer. Ne pas respecter d’emploi du temps trop fixe. Ce professeur de corse de 60 ans sourit avec fatalisme : « Les routes, en Corse, pour aller d’un village à l’autre… il n’y en a qu’une. Et quand on a un travail, comme c’est mon cas, on a aussi des horaires. Je fais attention, oui. Maxime aussi faisait attention, et on lui a tiré dessus avec un fusil destiné à

Source : https://www.nouvelobs.com/societe/20191228.OBS22844/jean-toussaint-plasenzotti-l-oncle-qui-lutte-contre-la-mafia-corse.html