Le Monde Moderne – CRIM’ sous CRIC’ – Sursaut citoyen contre le crime organisé en Corse

« La nouvelle émission mensuelle de Crim’HALT propulsée par Le Monde Moderne media : chaque 1er samedi du mois, Crim’HALT démonte le crime organisé en 20 minutes. »

#CSC1 1re diffusion le samedi 7 mars 2020 puis en podcast Durée 25’52

Voilà quelques mois, un énième assassinat en Corse a été relaté par la presse. Maxime Susini, 35 ans, est abattu le 12 septembre 2019. Sauf que, cette fois-ci, il semble que c’était l’exécution de trop. Une part de la société civile corse se réveille pour dire NON à l’emprise mafieuse qui s’étend sur l’île.

Source : https://shows.acast.com/archives-time-to-blast/episodes/crim-sous-cric-la-situation-corse

France Inter – Mafia corse : la fin de l’omerta ?


Pour la première fois sur l’île de Beauté, des citoyens et des maires dénoncent la mainmise de ce qu’ils considèrent être la mafia. Ces 25 dernières années, près de 500 homicides ont été perpétrés en Corse.

En Corse, on a coutume de dire “Garde le silence et le silence te gardera”. La fameuse omerta  a pourtant été battue en brèche ces derniers mois. Et certains maires ont décidé de parler. David Brugioni est le maire de Centuri, village renommé pour ses langoustes situé à la pointe nord de la Corse. Il a, le premier, dénoncé l’affairisme de ceux qui l’ont précédé à la mairie et  déposé plainte, avec ces conséquences : 

En septembre 2017, nous avons reçu un tir sur la façade de la maison. Un tir de chevrotine. Plusieurs projectiles sur la façade à proximité des chambres. Celle de mes enfants. On était dans la maison.

“Puis, après, en août 2018, cela a été le tir sur la façade de la mairie et la destruction de toute la vidéosurveillance de la commune, raconte Brugioni. Cela voulait prouver qu’ils occupent toujours le terrain. Et c’est eux qui sont en force”.

Autre exemple récent et tragique : en août 2018, à Bastelica, près d’Ajaccio, un homme a été assassiné par erreur. Les tireurs l’ont pris pour un autre, mêlé celui-ci à des affaires crapuleuses, car il avait la même voiture. Dominique Yvon, qui représente l’association Anticor sur l’île, comprend ce début de soulèvement qui secoue la corse, région de 300 000 âmes : “C’est la région en Europe où il y a la plus grande concentration de voitures blindées. Si on ramenait cela au niveau national, ce serait  l’équivalent d’une ville de 10 000 habitants“. Il égrène ensuite quelques faits divers qui ont touché l’île, notamment la méprise à Bastelica : “Avec toute cette accumulation de faits, vous pensez que la population peut rester en silence ?.

Dans certaines villes, sur les murs, des tags demandant de chasser (fora signifiant dehors) des figures du milieu corse
Dans certaines villes, sur les murs, des tags demandant de chasser (fora signifiant dehors) des figures du milieu corse © Radio France / Cyril Graziani

“C’est une néo mafia, une mafia 2.0”

La Corse commence vraiment à se lever. Deux collectifs ont vu le jour à la fin de l’été dernier. Le premier après la mort de Maxime Susini, un jeune militant nationaliste de Cargèse qui s’opposait à la mafia locale. Il a été assassiné sur la plage près de sa paillote. Son oncle, Jean-Toussaint Plasenzotti, est à l’origine de la création du “collectif antimafia Massimu Susini”. Objectif clair : nettoyer la Corse de sa mafia.

Le second collectif a été créé par Léo Battesti, ancien leader du FLNC. Son nom “Maffia No’, a Vita Iè” (Mafia non, la vie oui) qui compte dans ses rangs des grands visages de la Corse, comme le prix Goncourt Jérôme Ferrari ou le leader du groupe I Muvrini, Jean-François Bernardini. “Notre démarche dérange, c’est incontestable. Ils aimeraient bien être tranquilles. Qu’est-ce que c’est cette mafia ? Ce n’est pas la mafia Toto Rina (NDLR : le dernier chef de Cosa Nostra, la mafia sicilienne), pyramidale, décrypte Battesti. C’est une néo mafia, je dirais la mafia 2.0, moderne, qui a compris comment fonctionnent les mécanismes économiques.

Pour l’ex-militant nationaliste, il est impossible alors de construire une économie : “On nous dit ‘mais ce n’est pas la Sicile’. C’est pire que la Sicile, car eux, avec cinq millions d’habitants, il y a une activité économique qui n’est pas mafieuse de tout temps. Tandis que chez nous, tous les pans de notre économie, à part l’économie numérique – mais ça ne saurait tarder si nous n’y prenons garde – sont investis par des réseaux mafieux“. 

La préfecture de Corse s’appuie sur les maires

Ce terme de “mafia” n’est pas apprécié par tout le monde. La préfète de Corse préfère le terme de ‘voyoucratie’. Mais le résultat est le même. Trafic de drogue, marchés publics truqués, constructions illégales… les réseaux mafieux ont tissé leur toile sur la Corse. L’État, via sa préfète, a décidé de s’appuyer sur les maires insulaires pour faire cesser ces violences et lutter contre la criminalité organisée. La préfecture a notamment mis en place des procédures pour sensibiliser et accompagner les édiles sur trois points où ces derniers peuvent subir des pressions : l’urbanisme, les sujets où il y a des commandes publiques ou encore les divagations animales (les bergers laissent leurs troupeaux en liberté). “Le maire peut se sentir seul, explique Josiane Chevalier. Et certains demandent des procédures simplifiées. Il faut créer un lien de confiance avec les maires ou même les chefs d’entreprise. Il y a des dispositifs juridiques, chaque personne qui constate une infraction peut saisir le procureur de la République”. 

C’est d’ailleurs ce qu’a fait David Brugioni, le maire de Centuri, mais pour le moment sans effet immédiat. “Certaines personnes ont été convoquées par le juge, elle se sont faites porter pâles. Depuis, ils n’ont pas été reconvoqués mais se présenteront face à moi en mars prochain”, déplore l’édile capcorsin, qui ne cache pas ses craintes. 

“Bien sûr qu’on a peur. Mais il fallait parler pour nos enfants. Il faut dénoncer et plus on sera nombreux à parler, plus on va s’auto-protéger”.

La peur fait partie du quotidien des maires insulaires.

Mais Léo Battesti considère que l’État, à travers ses représentants, n’est pas en mesure de les soutenir. Lors des réunions de son collectif, les grands absents ce sont eux. “L’autre jour, on a fait une réunion en Balagne. Sur 33 maires de la micro région, aucun n’est venu. Ca veut dire qu’ils sont gênés. Je ne dis pas qu’ils sont mafieux. Ils sont tous sous pression, et quand j’entends madame la préfète tout miser sur la mobilisation des maires pour un sursaut démocratique, je me dis que nous sommes dans une situation kafkaïenne. Ce sont les principales cibles de la pression mafieuse : ils ne sont pas en état de résister”.

Les nationalistes au pouvoir (depuis 2015), eux prennent bien soin de rester éloignés de ce débat qui mobilise une partie de l’île. Pour preuve, une session de l’Assemblée de Corse a été promise aux collectifs mais elle a finalement été repoussée aux calendes grecques… après les municipales. 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-de-la-redaction-30-janvier-2020

France Bleu RCFM – Lutte anti-mafia en Corse : la préfète répond au collectif Massimu Susini

Dans une lettre ouverte, le collectif Massimu Susini a interpellé ce week-end les institutions. Il accuse la Collectivité de Corse de ne pas mener le combat contre les dérives mafieuses. Il reproche aussi à l’Etat de ne pas exercer son contrôle de légalité.

“Madame la préfète, à propos de la mafia en Corse, vous avez déclaré : “Moi, je n’aime pas ce terme. Je ne souhaite pas employer ce mot.” […] La mafia vous remercie certainement de ne pas aimer le mot qui l’identifie.  […] Vous niez ainsi que prospère aujourd’hui en Corse une criminalité organisée particulière qui, par la violence, l’assassinat, l’intimidation et la complicité active ou passive de chefs d’entreprises, d’élus, d’agents de l’Etat, a pénétré les secteurs économiques les plus rentables de notre île,mais aussi certains organismes officiels.”

Les membres du collectif Massimu Susini affirment avoir reçu ces propos comme “un camouflet et du mépris”. Selon l’un de ses porte-parole, Pierre-Laurent Santelli, “c’est une manière de minimiser la situation et de ne pas en prendre la mesure.

Pierre-Laurent Santelli, porte-parole du collectif anti-mafia Massimu Susini

Dans un communiqué, la préfète de Corse, Josiane Chevalier, explique ne pas avoir attendu l’interpellation du collectif pour “agir dans le respect des lois et règlements pour contrer les dérives mafieuses.”

“Les polémiques sémantiques ne m’intéressent pas, précise-t-elle, surtout lorsqu’elles relèvent de postures qui ne sont que les paravents de l’inaction. Ce qui m’importe, c’est que les services qui relèvent de ma responsabilité soient en permanence mobilisés pour lutter contre toutes les formes de violence et contre tout ce qui peut nourrir la criminalité organisée.”

Josiane Chevalier, la préfète de Corse

Europe 1 – Bientôt des réunions anti-mafia en Corse : “On ne se taira plus”

Au micro de Wendy Bouchard, Fabrice Rizzoli, spécialiste de la grande criminalité et co-fondateur de l’association Crim’HALT comme Alternative, appelle l’État à agir face aux violences mafieuses dont les citoyens corses sont victimes. INTERVIEW

Bientôt des réunions anti-mafia en Corse : “On ne se taira plus”

Ils veulent faire entendre leur voix. En Corse, des citoyens réunis en deux collectifs luttent contre la recrudescence des actes mafieux. L’un doit se réunit le 26 octobre et l’autre le 8 décembre. Entre temps, une séance extraordinaire de l’assemblée nationale de Corse est prévue début novembre, à ce sujet. 

Invité sur Europe 1, Fabrice Rizzoli, spécialiste de la grande criminalité, auteur de La mafia de A à Z, et co-fondateur de l’association Crim’HALT comme Alternative, se pose en porte-parole des citoyens corses, qu’il estime “en danger”.

“On ne se taira plus pour parler de mafia”

Selon lui, “il faut que l’État prenne ses responsabilités” face à des meurtres toujours plus fréquents sur l’île. “375 homicides ces 20 dernières années en Corse pour 300 000 habitants, c’est absolument intolérable”, s’indigne-t-il, en ajoutant que “c’est l’État qui devrait trouver ça intolérable et pas uniquement les citoyens”.

Pour éveiller les consciences, ces militants, qui se sentent impuissants, ont choisi la voie pacifiste. “La nouveauté, c’est qu’on ne se taira plus pour parler de mafia”, lance Fabrice Rizzoli.

Le spécialiste de la grande criminalité milite pour la mise en place d’”un délit d’association mafieuse” (encore inexistant en France) mais aussi pour la “confiscation obligatoire” des biens des gangsters. “La villa du gangster corse aurait dû devenir un centre d’insertion ou une coopérative agricole où les jeunes corses apprennent un métier”, illustre-t-il.

Fabrice Rizzoli insiste aussi sur le besoin de protection des citoyens souvent victimes de la mafia locale car plus vulnérables. “Contrairement à ce que l’on pense, les gangsters ne s’entre-tuent pas seulement”, affirme-t-il, citant les meurtres récents de “quatre maires, deux avocats, un haut-fonctionnaire, deux enseignants, un retraité paisible et un militant associatif”.

Des commerçants ciblés par la mafia

Ces gangsters ne sont pas uniquement présents dans l’immobilier, les casinos et le grand crime organisé, certains investissent aussi dans les petits commerces pour blanchir leur argent. “Si les personnes ne veulent pas, cela se traduit par un coup de crosse ou un incendie de paillote”, indique Fabrice Rizzoli.

Affirmant que “les élus ont une responsabilité fondamentale” sur cette question, Fabrice Rizzoli compte sur “la proposition de loi El Haïry qui sera rediscutée au parlement le 28 novembre”. “Son article 4 prévoit que les biens confisqués en France puissent être mis à disposition des associations et des fondations d’utilité publique”, détaille-t-il.

“Il faut absolument que les élus demandent que cette proposition de loi soit conservée à l’agenda et qu’elle soit votée”, précise-t-il. “Cela pourrait vraiment changer la donne en Corse, à Marseille et dans les Hauts-de-Seine et en Seine-Saint-Denis.”

Source : https://www.europe1.fr/societe/bientot-des-reunions-anti-mafia-en-corse-on-ne-se-taira-plus-3926619

RTL/M6 – Corse : après l’assassinat de son neveu, il lance un collectif anti-mafia

Depuis plusieurs mois, incendies criminels d’entreprises, mitraillages de supermarchés, et assassinats se multiplient. 10 homicides déjà depuis le début de l’année. Mais la mort d’un jeune corse a provoqué un électrochoc parmi la population.

Corse : ils défient la mafia

Jean-Toussaint Plasenzotti ne veut plus de cette société du silence qui mine la Corse. Alors, il a lancé un collectif anti-mafia à Cargese. 

Il y a quelque mois, Jean-Toussaint Plasenzotti n’aurait jamais imaginé se retrouver ici, à prendre la parole en public mais depuis le 12 septembre dernier, il n’a plus peur, depuis la mort de son neveu, Maxime. Maxime Susini avait 36 ans, militant nationaliste, défenseur de l’écologie, il était aussi restaurateur, patron d’une paillote située sur la plage de Cargèse.

Si Maxime Susini a été plusieurs fois condamné par la justice pour port d’armes prohibé ou jet de projectile sur les forces de l’ordre, il n’avait pas de lien avec le crime organisé selon le procureur d’Ajaccio, en charge de l’enquête.

Son assassinat a soulevé une vague d’indignation sur toute l’île et provoqué un électro choc parmi la population.

Son oncle dénonce “l’alliance des bandes de voyous” qui se rendent service “Aide-nous à tuer untel à Ajaccio, on t’aidera à te débarrasser de celui qui te gêne à Cargèse”, l’impuissance de l’Etat mais aussi la connivence entre voyous et “une partie du monde économique et du monde politique”.

Source : https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/video-corse-apres-l-assassinat-de-son-neveu-il-lance-un-collectif-anti-mafia-7799221287

France Bleu RCFM – Le collectif anti-mafia Massimu Susini, porté sur les fonts baptismaux.

Un deuxième collectif anti-mafia est né à Cargèse. Il porte le nom de Massimu Susini, militant nationaliste assassiné sur la commune en septembre dernier. Son objectif : agir, de manière pacifique, contre la mafia.

© Radio France – Thibault Quilichini

Le Collectif Anti-Mafia Massimu Susini a été lancé, samedi 5 octobre, à Cargèse. Environ 300 personnes ont répondu à l’appel des proches de ce militant nationaliste, assassiné le 12 septembre dernier, sur la plage du Peru, au pied de sa paillote « 1768 ». Parmi les participants, beaucoup de cargésiens, mais aussi des gens venus des quatre coins de l’île. À la tribune, le  père de Maxime Susini, son oncle, mais aussi des professeurs ou encore des représentants d’associations de défense de l’environnement. Des personnes désormais regroupées en un collectif qui ne vise qu’un seul objectif : agir, de manière pacifique, contre la mafia, en libérant la parole.

« Un contrat sur ma tête … »

L’expression “mafia” est revenue à chaque intervention. L’une d’elles a été particulièrement remarquée : celle de Vincente Cucchi. La présidente de l’association de défense de l’environnement ABCDE a évoqué les pressions qu’elle a subies et qu’elle subit encore : «La mafia, elle existe, je l’ai rencontré dans l’extrême-sud, sur les chemins, dans les mairies, quand on a fait sauter ma maison. J’ai même appris qu’une certaine personne avait mis un contrat sur ma tête. Est-il normal d’être soumis à ce régime de peur quand on fait son travail de citoyen, que l’on s’élève contre les passe-droits ? J’ai peur pour mes enfants. Nous sommes des victimes, et tous les corses qui subissent ce système sont des victimes.

Le collectif anti-mafia Massimu Susini  le deuxième collectif de ce type après celui créé le 25 septembre par des personnalités insulaires. Un collectif que certains aimeraient voir se démultiplier dans chacune des régions de Corse.

RTL – Corse : l’oncle d’une victime crée un collectif pour “faire reculer voire disparaître” la mafia

RÉACTION – “On ne sera pas tranquille tant qu’on ne les aura pas attrapés”, explique sur RTL l’oncle de Maxime Suzini retrouvé mort sur une plage le 12 septembre.

Corse : un collectif pour “faire reculer voire disparaître” la mafia

Le FLNC avait été dissout il y a cinq ans, mais en début de semaine, des hommes cagoulés appelant à “défendre le peuple corse”, se revendiquant de l’organisation indépendantiste. Une annonce qui coïncide avec les violences qui gangrènent l’Île depuis plusieurs semaines. Dernier exemple en date : l’assassinat d’un jeune militant nationaliste le 12 septembre dernier. 

Maxime Susini, la victime, tenait une paillote à Cargèse (Corse-du-Sud). “C’est un grand vide et une immense injustice”, réagit son oncle Jean-Toussaint Plasenzotti dans un témoignage rare qu’il réserve à RTL. “C’était une personnalité très forte et très attachante.”

L’oncle de Maxime Susini, annonce qu’il va fonder un nouveau collectif anti-mafia du nom de son neveu. “Ce qui m’intéresse ce sont les liens du tueur avec des personnes bien plus puissantes, le tueur m’intéresse moins que ceux qui ont commandité le crime”, explique-t-il. “On a tué quelqu’un qui était honnête. Ce n’est pas un règlement de comptes.”


L’objectif de ce nouveau collectif est de “faire reculer voire même disparaître la mafia”, poursuit-il. “On aura aussi un œil très pointu sur le déroulement de l’enquête. On ne sera pas tranquille tant qu’on ne les aura pas attrapés.”

Source : https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/corse-l-oncle-d-une-victime-cree-un-collectif-pour-faire-reculer-voire-disparaitre-la-mafia-7798383356

France Bleu RCFM – Hommage à Maxime Susini : débat houleux mais nécessaire

Ce dimanche à Corte, 800 personnes ont rendu hommage à Maxime Susini, jeune militant nationaliste assassiné le 12 septembre dernier à Carghese. Un débat sur les dérives criminelles et mafieuses de la société corse a eu lieu.

 Le rassemblement organisé par Core in Fronte en hommage à Maxime Susini a réuni 800 personnes à  l’université de Corse ce dimanche
Le rassemblement organisé par Core in Fronte en hommage à Maxime Susini a réuni 800 personnes à l’université de Corse ce dimanche © Radio France – Olivier Castel

Le rassemblement organisé par Core in Fronte en hommage à Maxime Susini, militant nationaliste assassiné le 12 septembre dernier à Carghjese, a réuni 800 personnes dans l’amphithéâtre Landry de l’université de Corse ce dimanche. En présence des proches de la victime, des responsables de toutes les tendances nationalistes, conseillers exécutif compris, une minute de silence a d’abord été observée. S’en est suivi un débat de près de trois heures très animé sur les phénomènes criminels ou mafieux dans l’île.

En présence des proches de la victime, des responsables de toutes les tendances nationalistes,  une minute de silence a d'abord été observée - Radio France
En présence des proches de la victime, des responsables de toutes les tendances nationalistes, une minute de silence a d’abord été observée © Radio France – Olivier Castel

Une parole libérée

Même si chacun campe sur ses positions, la parole s’est quelques peu libérée en place publique ce dimanche. Paul-Félix Benedetti, qui a ouvert le débat a déclaré qu’il était « _hors de question de faire de Maxime un martyre_, parce que c’est un héros ! »

L’engagement de Maxime Susini, la sémantique, Mafia ou non, mais aussi les responsabilités ont été le fil rouge des échanges. Par exemple entre François Sargentini, et Jean-Toussaint Plasenzotti. Le ton monte lorsque le conseiller exécutif évoque « la part de responsabilité de chacun », le militant et membre de la famille du défunt hausse alors la voix, « je ne peux plus supporter ce discours, que les responsables assument leurs responsabilités ! »

Jean-Toussaint Plasenzotti - Radio France
Jean-Toussaint Plasenzotti © Radio France – Olivier Castel

Autre point polémique abordé au sein de ce débat, la proximité entres les membres présumés du milieu et ceux qui font les choses au grand jour. Alors qu’un jeune homme reproche à Léo Battesti, son amitié avec Alain Orsoni : « Quand je vous ai demandé comment vous comptiez mettre au ban de la société certains de vos amis de la région ajaccienne? Vous m’avez répondu, ils ont été jugés…je suis content de savoir que tous les gentils sont dehors et les méchants sont en prison ! » Le porte-parole du collectif anti mafia récemment créé à Ajaccio, s’emporte : « On n’est pas la justice, je vous demande un peu de respect ! »

Léo Battesti - Radio France
Léo Battesti © Radio France – Olivier Castel

« Entre liberté et terreur »

De son côté, Gilles Simeoni était absent du rassemblement de Corte. Le dirigeant nationaliste a appelé via un communiqué, lu à la salle par Lauda Giudicelli, conseillère exécutive, à lutter “démocratiquement” contre les “dérives mafieuses” dans l’île, qui se trouve à ses yeux “à un point de bascule entre la liberté et la terreur”.

A ce jour, la date de la session extraordinaire de l’assemblée de Corse consacrée à la criminalité organisée n’est toujours pas connue et du côté de Carghjese, après celui mené par Léo Battesti, un autre collectif anti mafia doit être officialisé le 5 octobre prochain. L’enquête, elle, se poursuit.

Tag sur les murs de l'université de Corse - Radio France
Tag sur les murs de l’université de Corse © Radio France – Olivier Castel