France 5 – C politique, la suite

L’enquête – Corse : une île face à la mafia.

https://www.youtube.com/watch?v=V_xncDiK3iU
L’enquête – Corse : une île face à la mafia – C Politique, la suite

Direction la Corse où une partie de la population de l’île commence à se lever pour dire non à un mot qui était jusqu’ici tabou : la mafia.

L’assassinat d’un jeune militant nationaliste de 36 ans, il y a un mois à Cargèse, a été un déclic pour la société civile corse, qui veut désormais se dresser contre « l’emprise mafieuse » qui règne sur l’île. En plateau, Jean-Toussaint Plasenzotti, l’oncle de la victime, viendra témoigner.

Source : https://www.france.tv/france-5/c-politique-la-suite/c-politique-la-suite-saison-3/1083869-c-politique-la-suite.html

RTL/M6 – Corse : après l’assassinat de son neveu, il lance un collectif anti-mafia

Depuis plusieurs mois, incendies criminels d’entreprises, mitraillages de supermarchés, et assassinats se multiplient. 10 homicides déjà depuis le début de l’année. Mais la mort d’un jeune corse a provoqué un électrochoc parmi la population.

Corse : ils défient la mafia

Jean-Toussaint Plasenzotti ne veut plus de cette société du silence qui mine la Corse. Alors, il a lancé un collectif anti-mafia à Cargese. 

Il y a quelque mois, Jean-Toussaint Plasenzotti n’aurait jamais imaginé se retrouver ici, à prendre la parole en public mais depuis le 12 septembre dernier, il n’a plus peur, depuis la mort de son neveu, Maxime. Maxime Susini avait 36 ans, militant nationaliste, défenseur de l’écologie, il était aussi restaurateur, patron d’une paillote située sur la plage de Cargèse.

Si Maxime Susini a été plusieurs fois condamné par la justice pour port d’armes prohibé ou jet de projectile sur les forces de l’ordre, il n’avait pas de lien avec le crime organisé selon le procureur d’Ajaccio, en charge de l’enquête.

Son assassinat a soulevé une vague d’indignation sur toute l’île et provoqué un électro choc parmi la population.

Son oncle dénonce « l’alliance des bandes de voyous » qui se rendent service « Aide-nous à tuer untel à Ajaccio, on t’aidera à te débarrasser de celui qui te gêne à Cargèse », l’impuissance de l’Etat mais aussi la connivence entre voyous et « une partie du monde économique et du monde politique ».

Source : https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/video-corse-apres-l-assassinat-de-son-neveu-il-lance-un-collectif-anti-mafia-7799221287

BFMTV – En Corse, des voix s’élèvent contre la mafia locale

Sous fond de rackets et d’exactions, une partie de la société corse a décidé d’agir contre l’organisation criminelle. 

Depuis l’assassinat le 12 septembre dernier sur une plage de Cargèse, en Corse, de Maxime Susini, un militant nationaliste tué dans sa paillote, l’émotion est grande sur l’Île de beauté.

La semaine passée, près de 800 personnes étaient réunies dans l’amphithéâtre Landry de l’université de Corse à Corte, afin de lui rendre un dernier hommage. Interrogé par BFMTV, son oncle Jean-Toussaint Plasenzotti participait à cet hommage. Pour lui, les coupables sont évidents: il s’agit de la mafia locale. 

« Maxime a très clairement montré qu’il s’opposait à ces pratiques, ils savaient qu’avec lui à Cargèse, ce serait difficile de s’approprier le territoire. Ils l’ont assassiné pour cette raison », explique ce dernier. 

« Incapacité de l’Etat »

Alors, afin de tenter de faire bouger les lignes, une trentaine de personnalités locales ont décidé de rompre le silence, dénonçant publiquement les procédés de la mafia locale.

« Que ce soit le secteur du tourisme, celui du bâtiment, les chantiers sont régulièrement visés, il n’y a aucun secteur qui échappe à ce type d’actes. Il y a une incapacité de l’Etat en terme de résultats à trouver les coupables », assure Marie-France Giovannangeli, une commerçante insulaire.

Dans le quotidien Corse-Matin, l’oncle de la victime a également affirmé vouloir mettre en place un collectif anti-mafia à Cargèse, lieu de l’assassinat. Pour lui, la lutte contre les rackets et les exactions qui se multiplient dernièrement passe par l’unité.

« Si on peut faire quelque chose, c’est aujourd’hui, la mafia n’est pas si forte! La réponse nous l’aurons tous ensemble et c’est tous ensemble que nous la ferons reculer », assure-t-il. 

Omerta? 

Du côté des pouvoirs publics, on assure tout faire pour endiguer la criminalité. Sur BFMTV, Franck Rastoul, procureur général de la cour d’appel de Bastia, estime cependant qu’il est difficile de « travailler sur la criminalité organisée et sur les règlements de compte » qui sont, par définition, « des milieux opaques, hermétiques. »

De fait, la justice se heurte également à une certaine forme d’omerta. « On a aussi besoin que toute la société concoure à ce qu’on appelle l’œuvre de justice. C’est pour cela que le recueil des témoignages, qui peut-être complexe à cause d’un phénomène de crainte que l’on peut entendre », précise ce dernier.

Dans les jours à venir, une session extraordinaire de l’Assemblée de Corse devrait également aborder le sujet. 

Source : https://www.bfmtv.com/societe/en-corse-des-voix-s-elevent-contre-la-mafia-locale-1779845.html

France 3 Via Stella – Lutte contre la mafia : cinq choses à retenir du rassemblement de Corte

Ils étaient plus de 800, ce dimanche 29 septembre, à Corte. Pour rendre hommage à Massimu Susini, et débattre de l’emprise du grand banditisme sur l’île. Un débat où seuls les nationalistes étaient présents, et où la parole s’est libérée, même si les non-dits restent nombreux…

  • A l’origine, la mort de Massimu Susini​​​​

Il serait illusoire de penser que, jusque-là, tout allait bien. Les assassinats, les menaces, les pressions diverses, les corruptions, sont devenus, en Corse, la litanie qui rythme le quotidien des insulaires. 

Mais la mort de Maxime Susini, militant de Core In Fronte tué par balles le 12 septembre dernier à Cargèse alors qu’il se rendait à la paillote dont il est le gérant, a fait office d’electrochoc.

Les condamnations sont unanimes, venues du milieu politique, associatif, comme des particuliers, qui, à travers l’île, témoignent de leur soutien et de leur agacement devant la mort du jeune homme de 36 ans. 

Mais plus qu’un agacement, cet agacement récurrent qui la saisit lors de chaque fait divers du genre, c’est cette fois un vrai ras-le-bol que l’on sent dans l’opinion publique. 
Et le besoin d’enfin l’exprimer à haute voix. 

C’est Core In Fronte, le mouvement nationaliste dont Massimu Susini était l’un des militants, qui en appelant à ce débat dominical à Corte, leur en a fourni l’occasion. 

Entretien avec Paul-Félix Benedetti, chef de file de Core in Fronte
  • Un débat entre nationalistes

Plus de 800 personnes avaient fait le déplacement jusqu’à Corte, et l’amphi Landry de l’université peinait à accueillir toutes celles et tous ceux qui avaient voulu témoigner de leur affection et de leur respect à Massimu Susini, mais également dire ce qu’elles et ils avaient sur le cœur.

Toutes les mouvances nationalistes étaient là, et pas une des figures du mouvement ne manquait à l’appel.
Ou presque.

Gilles Simeoni était en déplacement au Pays-Basque, et Jean-Guy Talamoni, au congrès des régions à Bordeaux…

Le président de l’exécutif a fait lire un message par Lauda Guidicelli, où il affirme que « la Corse est à un point de bascule entre la liberté et la terreur ».

Les collectifs, les syndicats, l’ensemble de la famille nationaliste, au sens le plus large, était réunie, amis, et ennemis, d’hier et d’aujourd’hui.

Et parfois, les échanges ont été vifs, témoignant des rivalités et des histoires passées, toujours fortement enracinées au sein du mouvement….

Hommage à Massimu Susini

Les autres sensibilités politiques n’étaient pas vraiment représentées.
Dans l’assistance, on apercevait des gens de droite, de gauche, mais pas d’élus envoyés par les autres groupes. 

Certains, même parmi les nationalistes, ont déploré que le débat, un débat majeur qui concerne l’ensemble de la Corse, n’ait pas été mené en présence d’autres sensibilités politiques.

  • L’émergence de propositions

Hier, à Corte, la parole s’est libérée. Et ce dont on se contentait de chuchoter le nom, jusque-là, a fait son apparition dans les débats.
Et de quelle manière.

Ainsi Ghjuvan’Santu Plasenzotti, oncle de Massimu, l’a martelé avec dignité :

« Ci hè una maffia in Corsica, Massimu hè statu assassinatu da a maffia. (…) Quelli ch’anu tombu à Massimu sò quelli chì volenu piglià u putere, u veru putere. »

Débat Corte Mafia

Mafia, truands, grand-banditisme, ce système, pas vraiment nouveau sur l’île, et pour certains même, que cela arrange, consubstantiel de la Corse, a fait l’objet de toutes les interventions. 

L’après-midi, à Corte, a fait office de catharsis pour nombre d’insulaires qui, depuis trop longtemps, gardaient pour eux lassitude, colère, découragement…

L’existence même d’un tel débat a réveillé l’espoir d’un changement. 
Et plutôt que les voeux pieux, et un constat fait par dépit, les propositions ont commencé à fleurir. 

Soulignant le paradoxe d’une île où l’on peut se scandaliser de la dérive mafieuse à la terrasse d’une pizzeria tenue par un truand…
Le boycott, par exemple :

Mais aussi l’engagement d’élus dans les tribunaux administratifs, ou « enlever aux maires le pouvoir d’attribuer des permis de construire »…

Plus d’une fois, idées et propositions ont tourné autour de la volonté d’assurer une étanchéité entre le grand banditisme, et la classe politique.

  • Les politiques interpellés et mis en cause

L’Etat, sans grande surprise, a été beaucoup pointé du doigt. Son « manque d’initiative », son « incapacité à lutter contre ces dérives », « sa tolérance »

Mais les politiques insulaires ne sont pas épargnés, à tous les niveaux. 
Et certains n’hésitent pas, dans l’assistance, à parler d’ententes, de double-jeu, d’amitiés peu avouables…

Là encore, ont été verbalisées et dénoncées des choses qui, jusque-là, étaient sues, et le plus souvent, tues. 
La discussion a tourné autour de systèmes, de manières d’agir, de compromissions. 

DEBAT CORTE

Plusieurs politiques, à la tribune, ont admis « une porosité avec la mafia qui touche tous les mouvements politiques ». 

Ce à quoi Christophe Amadei, dans le public, a apporté une réponse claire et nette : « Si vous connaissez des brebis galeuses, réglez vos comptes entre vous. »

  • Un collectif anti-mafia qui pourrait essaimer

La première conséquence de ce sursaut civil consécutif à la mort de Massimu Susini, avant même le débat du dimanche 29 septembre, ce fût la création, mercredi dernier, du collectif  « Maffia nò! A vita iè! ».

Une trentaine de personnalités a lancé, à Ajaccio, un appel pour une prise de conscience, et un soulèvement, contre un état de faits qui semble, chaque jour, plus préoccupant. 

Hier, Jean-Toussaint Plasenzotti, l’oncle de Massimu, annonçait la création, le 5 octobre prochain, d’un collectif anti-mafia à Cargèse….

La Corse, peut-être, a pris conscience que l’indignation individuelle n’avait de sens que si elle débouchait sur des initiatives communes. 

Histoire de montrer que cette indignation existe.
De la faire entendre. 
Pour prouver à Paris, à la classe politique, et à la mafia, que les Corses n’ont pas appris à vivre avec le grand banditisme. 

Reste à apprendre à parler d’une même voix. 


L’analyse d’Henri Mariani

Dans le miroir de la société Corse, se reflétait hier à Corte, la silhouette de la mouvance nationaliste. Car à l’exception de quelques associations, comme U levante, le sursaut populaire tant espéré n’a pas fait sortir la société civile de sa torpeur.

Un peu comme si ce débat, devenu pourtant un phénomène de société, était perçu comme un problème exclusivement nationalo-nationaliste.

Eux-mêmes restent parfois sanglés dans des postures qui font émerger leurs divergences, comme la création de deux collectifs contre la mafia. Celui présenté à Ajaccio il y a 5 jours, et l’autre annoncé hier à Corte par l’oncle de Maxime Susini.

Le ton de certaines interventions hier, les non-dits et les accusations à peine voilées, démontrent que les haines recuites et les tensions du passé sont toujours vivaces. Les accords de Migliacciaru en Juillet 1999, ont certes scellé la paix entre les frères ennemis du nationalisme, mais n’ont manifestement pas effacé le souvenir douloureux des années de plomb. 

Les noms de Robert Sozzi militant du FLNC tué par ses frères d’armes en 1993, ou encore celui de Franck Muzy assassiné en 1994 ont résonné à la tribune hier, jetant un voile sombre sur une démarche indispensable de moralisation de la vie publique. 

Et puis il y a également ces tags, sur un mur de Bastia, qui visent des membres présumés du grand banditisme, mais aussi Alain Orsoni et Charles Pieri avec ce mot, « Fora », « dehors », une injonction habituellement réservée à l’État dans la phraséologie nationaliste.

Corsica Libera ne sous-estime d’ailleurs pas la portée de ces graffitis et leurs conséquences éventuelles. Dans un communiqué le parti indépendantiste écrit : « Les tags qui fleurissent sur les murs ravivent les plus mauvaises années de notre histoire ».

Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/haute-corse/lutte-contre-mafia-cinq-choses-retenir-du-rassemblement-corte-1729689.html