Radio 24 – La Mafia nell’isola, corsi e ricorsi della storia

Siamo andati in Corsica, dove un rapporto riservato della magistratura – svelato dal quotidiano Le Monde – ha invitato il governo ad adottare una legislazione antimafia sul modello italiano: ne abbiamo parlato con Jean-Toussaint Plasenzotti (fondatore del collettivo antimafia « Massimu Susini », intitolato al nipote ucciso nel 2019), con Marie-Françoise Stefani (giornalista di France 3 Corse, autrice del libro « Une Famille dans la Mafia ») e con Federico Varese (professore di Criminologia all’Università di Oxford, esperto di mafie transnazionali).
Siamo inoltre tornati in Etiopia con la mappa di Luca Mazzali – cartografo di App&Ars che vedete sotto – e con la voce di Sisay Sahlu (Giornalista, vice direttore a The Reporter Ethiopia, il principale settimanale del paese).
Abbiamo anche analizzato l’impatto della visita della delegazione del Parlamento europeo a Taiwan con Suzanne Lynch (giornalista di Politico.eu).

Radio 24 – Nessun luogo è lontano – 5 novembre 2021

Site : https://www.radio24.ilsole24ore.com/programmi/luogo-lontano/puntata/trasmissione-05-novembre-2021-170838-AELPx1u

CNI – « Oui il y a une mafia en Corse » : un débat public à Bastia pour interroger les candidats aux territoriales

Pierre-Manuel Pescetti le Jeudi 24 Juin 2021 à 08:07

Peut-on parler de mafia en Corse ? Comment la société peut-elle se défendre ? C’était l’objet du débat public organisé à Bastia ce mercredi 23 juin par les collectifs anti-mafia Massimu Susini et A maffia nò, a vita iè. Pendant près de deux heures les membres des collectifs et le public ont pu échanger avec les représentants des listes encore présentes au second tour de ces élections territoriales.

Pendant près de deux heures, collectifs anti-mafia, candidats aux territoriales et public ont échangé autour de l'emprise mafieuse sur la société insulaire. Crédits Photo : Pierre-Manuel Pescetti

Pendant près de deux heures, collectifs anti-mafia, candidats aux territoriales et public ont échangé autour de l’emprise mafieuse sur la société insulaire. Crédits Photo : Pierre-Manuel Pescetti

« Oui il y a une mafia en Corse. Il faut nommer le mal pour mieux le combattre et arrêter de s’attarder sur la sémantique ». C’est le message clamé, haut et fort, par le collectif Massimu Susini et A maffia nò, a vita iè ce mercredi 23 juin à Bastia. Tous deux étaient réunis sur le kiosque de la place Saint-Nicolas pour un débat public filmé en direct autour de l’emprise mafieuse sur la société corse et sur les pistes de solutions pour s’en défaire. Pour l’occasion, ils avaient invité un représentant de chacune des quatre listes encore présentes au second tour des élections territoriales 2021. À tour de rôle, chacun s’est exprimé sur la question.

Le terme mafia approprié ?

Pour Jean-Toussaint Plasenzotti, membre fondateur du collectif Massimu Susini « il y a une porosité très active entre la politique, le monde économique et quelques bandes mafieuses, il ne faut pas le nier ». Mais peut-on vraiment parler de mafia ? Pour Jean-Martin Mondoloni, représentant de la liste Un Soffiu Novu, « il y a bien une criminalité plus ou moins organisée sur l’île ». Le sujet reste complexe. Mécanismes de collusion, banditisme, bandes organisées. Chacun y va de son propre terme. Mais au final, tous arrivent, même timidement, à un consensus sur la sémantique.

Une collectivité impuissante ?

Sur le fond c’est autre chose. Résoudre le problème de l’emprise mafieuse est-il seulement de la responsabilité de l’Etat et de ses pouvoirs régaliens ? Ou la collectivité de Corse peut-elle participer grâce à ses outils de politique publique ? Besoin d’éducation, formation professionnelle de la jeunesse, lutte contre la spéculation foncière, lutte contre les monopoles, transparence sur les appels d’offre, modification du PADDUC, gestion publique des déchets. Les avis divergent faiblement sur les solutions que peut apporter la collectivité de Corse.

Pour Vanina Le Bomin, présente sur la liste Avanzemu pè a Corsica, « il faut travailler sur deux axes majeurs : réduire la fracture sociale et mettre en place une politique de formation forte pour notre jeunesse ». Eloigner la jeunesse du mythe de l’argent facile. L’idée est partagée par tous. Mais pour Jean-Martin Mondoloni, « la lutte doit être multisectorielle car les causes sont multiples ».

« Changer de modèle économique ». Pour Gérard Dykstra qui représentait la liste Core in fronte, il faut changer la société en profondeur et s’éloigner d’une économie résidentielle qui aggrave le phénomène mafieux.

Du côté de Fà populu inseme, représenté par le député Jean-Félix Acquaviva, les priorités sont nombreuses. Sanctionner les surprofits injustifiés dans certains secteurs, travailler sur l’éducation des nouvelles générations. « On ne peut pas fuir nos responsabilités d’élus » lance Jean-Félix Acquaviva. Cette responsabilité est celle du quotidien des Corses. Celui que gère la collectivité de Corse, malgré des prérogatives et des leviers plus faibles que ceux d’un Etat. Pourtant, pour les collectifs anti-mafia, l’institution territoriale dispose des moyens pour une lutte efficace. « Il faut que les élus, en plus de mettre en place des politiques publiques efficaces, insistent auprès de l’Etat pour mettre en place un véritable arsenal juridique rendant obligatoire la confiscation des avoirs des criminels. Il faut taper dans le portefeuille ! ».

Seule certitude pour les collectifs anti-mafia, il faut agir rapidement car « plus on attend, plus il faudra de moyens et plus ce sera difficile de s’en débarrasser ». 

Lien : https://www.corsenetinfos.corsica/Oui-il-y-a-une-mafia-en-Corse-un-debat-public-a-Bastia-pour-interroger-les-candidats-aux-territoriales_a58491.html

France Bleu – La mafia en débat à Bastia

Par Hélène Battini

Y-a-t-il une mafia en Corse ? Comment y remédier ? Des questions posées ce mercredi à Bastia dans le cadre d’un débat auquel ont participé des représentants des 4 listes présentes au second tour des territoriales. Un débat public organisé par les deux collectifs, « Massimu Susini » et « Maffia Nò. »

Jean-Toussaint Plasenzotti pour le collectif "Massimu Susini" et Vanina Le Bomin candidate aux élections territoriales 2021
Jean-Toussaint Plasenzotti pour le collectif « Massimu Susini » et Vanina Le Bomin candidate aux élections territoriales 2021 – DR/

La question de la mafia s’est invitée ce mercredi à Bastia dans la campagne des territoriales, à 4 jours du second tour. Les collectifs, « Massimu Susini » et « Maffia Nò », ont en effet convié les 4 têtes de liste encore en lice à participer à un débat public. Tous ont accepté, mais se sont fait représenter. 

Y-a-t-il une mafia en Corse ?

A la question, y-a-t-il une mafia en Corse ? La réponse a été unanime, oui. Des divergences sont apparues néanmoins quant aux solutions à apporter pour éradiquer le crime organisé, notamment pour juguler la spéculation foncière, ou sur la place du public dans certains secteurs stratégiques comme les déchets ou l’eau. D’où la satisfaction mitigée de Pierre Laurent Santellli membre du collectif « Massimu Susini » : « On n’a pas de jugement de valeur à porter sur les réponses faites, diverses pistes ont été évoquées, on va travailler sur ce qui a été dit et continuer ce travail d’interpellation pour une vraie mise en œuvre des solutions évoquées ce soir. »

Une trentaine de personnes a assisté au débat ce mercredi place Saint Nicolas à Bastia
Une trentaine de personnes a assisté au débat ce mercredi place Saint Nicolas à Bastia – DR/

Un débat au cours duquel on est beaucoup resté sur le constat, le terrain sociologique voire philosophique mais très peu entré dans le concret même si les points positifs restent nombreux selon lui : « On a noté une prise en compte de nos demandes et beaucoup de réponses favorables. _Reste à dépasser le « dire » pour le « faire »_, malheureusement c’est ce qu’on a constaté au cours de la mandature et des années écoulées. »
 

« On peut encore inverser la tendance »

Josette Dall'Ava Santucci, pour le collectif « Maffia No », tire pour un bilan positif du débat
Josette Dall’Ava Santucci, pour le collectif « Maffia No », tire pour un bilan positif du débat – DR/

Josette Dall’Ava Santucci, pour le collectif « Maffia Nò », tire pour sa part un bilan positif de ces échanges : « Dire que nous sommes satisfaits de toutes les réponses, bien sûr que non, mais il n’y a pas eu les langues de bois qu’on entend trop souvent… Chacun s’est exprimé et ce que j’ai apprécié le plus c’est les interventions des jeunes dans le public. _C’est très important que les jeunes s’impliquent pour nous dire nos quatre vérités_…Le fait qu’on parle de la mafia de plus en plus, nommer les choses c’est la façon de les faire évoluer. On a vu ça dans bien d’autres domaines et dire que la mafia est partout et a toujours existé c’est faux, on peut encore l’éradiquer et inverser la tendance. »

Lien : https://www.francebleu.fr/infos/societe/la-mafia-en-debat-a-bastia-1624524892